Accéder au contenu principal

Exposition La Ventilla, un barrio antiguo de la ciudad de Teotihuacan

Alors que l'exposition Teotihuacan, ciudad de los dioses continue son petit tour du monde, les responsables de l'INAH et de la zone archéologique de Teotihuacan ont décidé de proposer une exposition plus réduite en nombre de pièces mais pas en ce qui concerne sa qualité et son intérêt.

La Ventilla est un ancien quartier d'artisans situé au sud ouest de la zone archéologique de Teotihuacan. Son occupation remonte à 200 après Jésus Christ et se termina apparemment vers 650, probablement lors de troubles et d'incendies qui ravagèrent toute la cité. Ses habitants travaillaient la pierre, les plumes et les coquillages.

Depuis 1992, la Ventilla est régulièrement fouillée et a permis de retrouver une quantité d'objets et de peintures murales non négligeables. Parmi les objets exposés on compte des encensoirs, des caissettes, des boîtes et des figurines en céramique, des pierres vertes et des accessoires en nacre. D'autre part des reproductions des peintures murales, conservées in situ, sont proposées au public.

La Ventilla est un prototype de quartier teotihuacain si on considère son découpage de rues à angle droit, son système d'écoulement des eaux et une architecture organisée autour d'une place centrale, où les temples, les habitations et les ateliers des artisans sont clairement reconnaissables.

L'exposition est divisée en cinq parties. La première propose des maquettes qui reconstitue ce qu'aurait été le quartier de la Ventilla. La deuxième salle propose les répliques des peintures murales qui ornaient le temple principal du quartier : on peut y observer des coeurs humains sectionnés et des couteaux recourbés d'obsidienne. Mais ce sont surtout les peintures de l'Edifice aux bords rouges et la Cour des Chalchiuhuites qui sont mis en avant.

Le troisième espace de l'exposition explore les bâtiments administratifs dont la Cour des Jaguars et la Place des Glyphes sont les exemples les plus remarquables.


Jaguar, peinture murale de la Ventilla, Teotihuacan

Personnage portant une coiffe et plusieurs accessoires, La Ventilla, Teotihuacan.

Le quatrième temps de l'exposition permet d'aborder les logements et les ateliers des artisans de la Ventilla. Le visiteur peut autant voir les oeuvres de ces derniers que les outils qu'ils utilisaient pour les réaliser. C'est là également qu'on pourra faire connaissance des rituels funéraires pratiqués dans le quartier : trois des quelques trois cents enterrements retrouvés à ce jour ont ainsi été recréés à partir des données archéologiques obtenues lors des campagnes sucessives de fouilles. Mais on peut toucher la vie quotidienne de ces gens en voyant les objets qu'ils utilisaient pour conserver, préparer et conserver leurs aliments.

La dernière partie aborde le système politique qui pourrait avoir régi, non seulement le quartier de la Ventilla mais également la ville.

Au contraire de sa grande soeur, on peut regretter que l'expo la Ventilla n'ait pas bénéficié du même traitement. Elle restera ouverte jusqu'au 30 septembre prochain. Cependant on peut voir un petit diaporama sur le site de l'INAH.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...