dimanche 20 février 2011

Lettre au gouvernement français

Nous avons reçu en pièce jointe cette lettre circulant dans la communauté mésoaméricaniste francophone. A l'origine de cette initiative, on retrouve Danièle Dehouve, directrice d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, en Sorbonne. Nous en reproduisons le texte et restons à la disposition de nos chers lecteurs, français, mexicains, espagnols, belges, guatémaltèques ou autres qui souhaiteraient la signer. On y retrouve des noms prestigieux de l'américanisme, mais pas seulement. Vous aussi pouvez participer et vous joindre au plus de 150 personnes qui l'ont déjà signée.
LETTRE OUVERTE AU GOUVERNEMENT Français

La décision de la justice mexicaine concernant le jugement de Florence Cassez a déclenché depuis quelques jours en France une série de réactions de la part du gouvernement, des partis politiques et des médias qui viennent d’aboutir à un énorme fiasco. Nous avons assisté à une montée en puissance de prises de position, depuis la déclaration de la ministre des Affaires Etrangères refusant de participer aux manifestations prévues pour l’Année du Mexique en France et l’appel de Martine Aubry demandant aux collectivités locales socialistes de boycotter ces mêmes manifestations et d’annuler celles qui dépendent d’elles. Le 14 février, en dédiant l’année du Mexique en France à Florence Cassez, Nicolas Sarkozy a pris une lourde responsabilité. On ne peut demander à des artistes, des écrivains et des scientifiques français, aussi bien que mexicains, d’accepter d’être utilisés comme moyen de pression dans des affaires qui relèvent de la justice et de la diplomatie. Ce n’est pas acceptable pour nous Français, pas plus que pour nos collègues mexicains. C’est un mélange des genres inadmissible qui a débouché sur la décision, logique, du gouvernement mexicain de se retirer.
L'année du Mexique est un événement destiné à mieux faire connaître ce pays. En aucun cas, elle ne peut être instrumentalisée par les gouvernements comme moyen de pression sur une affaire qui relève du pouvoir judiciaire mexicain et de la diplomatie française. Nous réaffirmons notre attachement aux relations scientifiques, culturelles et humaines avec des partenaires qui nous ont toujours accueilli avec respect, attention et amitié et dont beaucoup d'entre eux ont choisi de faire leurs études en France et de travailler ensuite avec nous.
Nous demandons au président de la République française de revenir sur sa décision de dédier l’Année du Mexique en France à Florence Cassez et réaffirmons notre amitié au Mexique.

Danièle Dehouve, directeur de recherche CNRS, directeur d’études EPHE

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