Accéder au contenu principal

Exposition Teotihuacan, la ciudad de los dioses (3ème partie)

Chose promise, chose due. Voici donc quelques clichés des pièces les plus intéressantes de cette exposition… Ne vous étonnez pas de ne trouvez que peu d’information complémentaire (voir même aucune). Je jette la faute aux commissaires.

PB200003

Commençons avec le jaguar mis à jour il y a quelques années dans le Complexe de Xalla. Il présente la particularité d’avoir des pattes antérieures surprenantes. Celle de droite est simplement sculptée, celle de gauche est sculptée et peinte.


PB200006

Voici un exemple parfait de la scénographie proposée par les commissaires de l’exposition. On peut admirer cette reconstitution de la cour du palais de Quetzalpapalotl, réalisée en planches de bois sculptées. Au centre, on peut voir une statue du vieux dieu du feu, alias le Huehueteotl cher aux Aztèques. A l’arrière-plan, on peut apercevoir la grande plaque représentant les crocs typiques de la divinité qui sera Tlaloc à l’époque aztèque.


PC140065

Une petite salle est consacrée aux différentes maquettes de temples et d’autels que les anciens habitants de Teotihuacan aimaient représenter. Ici on peut voir que l’architecture traditionnelle du talud-tablero est présente. La partie basse, appelée talud, est relativement étroite. Elle est couverte d’une fine couche de stuc peint. La partie supérieure ou tablero est sculptée de plumes sur chaque frise entourant le panneau central d’où se dégagent des motifs d’eau ondulante qui rappelle la peinture des animaux mythologiques de Zacuala.


PC140073PC140070


Un des aspects de l’exposition est de mettre en avant la vie quotidienne des Teotihuacains, quelque soit leur origine ethnique, notamment au moyen de ces petites céramiques représentant des nourrissons dans leur berceau ou des mères allaitant.


PC140079

La pyramide de la Lune a révélé pleinement ses secrets au cours de ces dernières années. Les fouilles dirigées par Saburo Sugiyama ont permis de découvrir des caches funéraires nombreuses et souvent copieusement fournies. L’offrande 5, en plus de comprendre des offrandes d’animaux, contenait les restes d’un homme probablement enterré vivant. Au centre de l’offrande, cette statuette de pierre et de corail garde une identité énigmatique.


PC140101

Retenons aussi cette merveilleuse petite sculpture d’un serpent enroulé sur lui-même. Sa composition n’est pas sans rappeler certaines représentations du serpent à plumes mille ans plus tard chez les Aztèques. Troublant de ressemblance…


PC140112

D’autres pièces de l’exposition nous amène à considérer la continuité historique, culturelle et plastique entre Teotihuacan et Tenochtitlan. Bien que spatialement proches (40 kilomètres), ces deux sont passablement éloignées dans le temps : 500 ans séparent la chute de Teotihuacan et la fondation de la cité lacustre des Mexicas. Ce visage humain sortant d’un bec d’aigle rappelle les statues des chevaliers-aigles découvertes au Templo Mayor.


PC140140

Comme mentionné un peu plus haut, ce qui frappe à Teotihuacan, c’est le métissage ethnique qui y régnait. La ville était découpée en quartiers : cela nous enseigne combien elle était en contact avec d’autres peuples importants de la Mésamérique comme les Mayas ou les Zapotèques. Cette céramique tripode est typiquement teotihuacaine par sa forme. En revanche, sa décoration mouvante et fouillée en incise témoigne de la présence maya.


PC140155

Enfin, je ne résiste pas à vous montrer cette sculpture conservée au Museo Diego Rivera Anahuacalli. Ce serpent à plumes fait partie d’une paire qui était probablement utilisée comme élément architectural. Mais le problème de son origine (douteuse si on se souvient que Rivera avait autant de faux que d’originaux) laisse le curieux que je suis sur sa faim.

Commentaires

Citlalhuicatl a dit…
La ressemblance entre le visage qui sort du bec d'aigle et les statues des guerriers-aigles du Templo Mayor est vraiment frappante.
Malgré l'absence d'un panneau qui puisse donner une explication plus claire,as-tu moyen de contacter les organisateurs de l'expo pour savoir d'où vient exactement cette pièce?

Je ne peux pas m'empecher de rappeler la peinture I de la zona 5A de la Métropole,où est visible un personnage en tenue complète d'oiseau.Cette peinture remonte à la période Xolalpan ancien.
Unknown a dit…
Malheureusement, je n'ai pas encore pu contacter le staff de l'exposition. Par contre, je ne vois pas à quelle peinture de Xolalpan tu fais allusion. Tu connais mieux Teotihuacan que moi :p
Citlalhuicatl a dit…
Merci mais ma connaissance est due tout simplement au fait que j'ai du analyser cette peinture pour mon mémoire, et j'ai du etablir une comparaison avec les tenues d'oiseau des peintures de Cacaxtla.

En tout cas je peux toujours t'envoyer le dessin de cette peinture teotihuacane par mail...meme si tu vas sans doute le recuperer dans tes bouquins...;)

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Raíces 199 - Appel à préinscription pour le III Colloque d'Archéologie, de Paléontologie et d'Anthropologie du Nord-est du Mexique avec Victor Ortega León

Cette semaine, Raíces a reçu la visite de notre vieux complice VIctor Ortega León, professeur à l'École Nationale d'Anthropologie et d'Histoire du Nord du Mexique. Comme depuis 2013, nous invitons les chercheurs et étudiants intéressés à présenter leurs travaux et recherches au public regiomontano. Comme chaque semaine, nous vous proposons d'écouter, télécharger et partager ce  programme  sur le portail Archive en format  mp3  et  ogg . Références Appel aux pré-inscriptions pour le CAPAN 2015 Formulaire de préinscription pour le CAPAN 2015. Page officielle du CAPAN 2015. Page Facebook officielle du CAPAN 2015 Crédits musicaux Susana Harp - Bélee Crúu (Chanson zapotèque de Cándido Zárate) Son Gubidxa - El feo (Chanson zapotèque de Demetrio López) Évènements universitaires et académiques INAH XI Jornadas Permanentes de Arqueología 2015, Musée du Grand Temple, México, 24/04, de 10h30 à 12h40. 10:00 - 10:50  Fa...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...