Accéder au contenu principal

Quelques explications sur le rituel du Volador

Pour comprendre tous les tenants et aboutissants du rituel des Voladores il nous faut remonter aux premières représentations du rituel dans le codex Tepeucila ou encore dans le codex de Florence. D'abord il ne faut pas croire que le rituel des Voladores est originaire de Véracruz. L'archéologie tend à prouver que ces premières traces sont originaires du Nayarit, comme en témoigne ce retable miniature de la Yale Art Gallery et daté entre 300 avant et 200 après Jésus-Christ (Urcid, 2006 : p. 71).

Les Aztèques pratiquaient également le rituel des Voladores : la planche XXVII du Codex Azcatitlan est d'ailleurs explicite.



Codex Azcatitlan, pl. XXVII.
Photo retrouvée le 20 octobre 2009 sur http://losvoladoresdepapantla.blogspot.com/

Dans son commentaire du codex, Barlow explique en note de bas de page l'origine et la signification de ce rite. Il indique notamment plusieurs sources coloniales comme Motolinia ou Duran. Selon le premier, le jeu du Volador était effectué pendant la vingtaine de Xocotl Hueztli, vingtaine du "Fruit qui tombe" qui avait lieu du 14 au 31 août à l'époque coloniale. En fait, c'était le mois des défunts et le rituel du Xocotl consistait en l'érection d'un mât au sommet duquel on posait une image en pâte de maïs du dieu Xocontecuhtli. On effectuait des danses autour du mât. Puis une course était organisée pour aller chercher l'image du dieu en escaladant le mât (Graulich, 1987 : 285, 287). Le mât est ensuite abattu.

En ce qui concerne l'interprétation et la signification de cette vingtaine, lisons encore Graulich. On y apprend que Xocotl est la dernière vingtaine de la saison sèche. En fêtant ainsi les morts, on les réintègre au monde des vivants qui sont au firmament. En abattant le mât, on répétait la rupture de l'arbre de Tamoanchan, le paradis perdu. On reproduisait de manière symbolique la faute originelle. Les guerriers fécondent ainsi la terre.

A tout bien considérer, on parle surtout des rituels utilisant un mât. Mais Graulich et Urcid énumère les occurences de textes coloniaux ou représentations péricoloniales du rituel du volador.

Urcid comme Graulich reconnaissent la part prépondérante des écrits de Stresser-Péan pour expliquer la diffusion et la persistance du rituel des voladores parmi les populations autochtones.

Références bibliographiques et électroniques :

  • le bloc-notes Los Voladores de Papantla.

  • Codex Azcatitlan. 1995. Commentaire de R. Barlow, introduction de M. Graulich, Bibliothèque Nationale de France / Société des Américanistes, Paris.

  • Graulich, Michel. 1987. Mythes et rituels du Mexique ancien préhispanique. Classe des Belles Lettres, Académie Royale de Belgique. 

  • Herrera Meza, María del Carmen. 1997. El Códice de Tepeucila: el entinatado mundo de la fijeza imaginaria. INAH, Mexico. 

  • Stresser-Péan. 2005. "El Volador. Datos históricos y simbolismo de la danza". In Arqueología Mexicana, vol. XIII, núm. 75, Editorial Raices-INAH, Mexico, p. 20-27. 

  • Urcid, Javier. 2006. "Antigüedad y distribución de la danza de los Voladores". In Arqueología Mexicana, vol. XIV, núm. 81, Editorial Raices-INAH, Mexico, p. 70-74.

  • Commentaires

    Posts les plus consultés de ce blog

    Compte-rendu Arqueología mexicana 139

    Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

    Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

    Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...

    Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

    Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...