Accéder au contenu principal

Expositions d'objets découverts à El Cerrito, Queretaro

Sur son carnet, le musée régional de Queretaro rapporte la tenue d'une exposition temporaire en son sein pendant les prochaines semaines. Y seront présentées pour la première fois au public quatre encensoirs et quatre scupltures en pierre mis au jour lors de fouilles effectuées sur le site d'El Cerrito.

Pour être plus précis, les quatre encensoirs ont été retrouvés comme partie d'une offrande à la déesse toltèque de la Terre et de la Lune dans l'enceinte cérémonielle d'El Cerrito. Elles ont été datées du Postclassique ancien entre 900 et 1200 de notre ère. Le visiteur pourra également observer une dizaine de pointes de projectile en silex blanc, dix-huit perles en coquillage et six petits crânes en ardoise qui ont été brûlées dans les encensoirs. Ils reposaient sur trois pieds creux décorés de manière différente. 

L'offrande a été retrouvée sous un autel long de 2 m de côté et 35 cm de hauteur. Elle était accompagnée d'une urne élaborée à partir de pierres basaltiques. Là était déposé un petit pendentif en pierre verte. Il s'agit d'une représentation humaine aux yeux fermés et aux mains posées sur son abdomen.

La présence des pointes de projectiles en silex blanc pourrait faire allusion à une divinité proche d'Itzpapalotl, divinité lunaire et chtnonienne des Mexicas. C'est l'hypothèse que propose la commissaire de l'exposition, Valencia Cruz, en s'appuyant sur un passage de la Leyenda de los soles.

Quatre scuplture en pierre volcanique font également partie de l'exposition : on compte un personnage portant une cape de plumes décoré de pigments rouge et ocre mais sa tête est manquant. Il est en position semi-agenouillé. On peut observer voir les pieds d'un guerrier chaussées de ses sandales ou cactli en nahuatl. Mesurant 30 cm de large sur 30 cm de hauteur, il pourrait s'agir d'un porte-étandard. D'autre part, le fût d'une colonne cubique décorée avec des volutes (mesurant 70 cm de côté) et une tête de serpent à tenon (1,15 m de long sur 35 cm de large) correpondent à des vestiges architecturaux d'une unité résidentielle où pourraient avoir vécu des prêtres ou des membres d'élite du site. Enfin une quinzaine de pièces rondes en andésite pourraient avoir servi de support pour des statues et des encensoirs. Sur ce dernier point, votre serviteur exprime un certain scepticisme et se demande dans quelle mesure les archéologues ont pu déterminer l'utilisation des objets. 

L'unité résidentielle sus-dite consistait en une zone longue de 50 m et large de 30 m. Les fouilles ont rapidement permis la localisation de plusieurs niveaux de stuc, de mur en terre écrasée et deux foyers. La présence et la disposition de certains ciments laissent penser qu'elle était couverte par un toit qui reposait sur des colonnes. C'est ce qu'ont pu déduire les archéologues en observant la présence de trous dans le sol à intervalles réguliers.

Un ensemble de tableaux, de photos et de graphiques illustrent les processus de restauration et conservation qui ont été établis pour préserver la zone archéologique d'El Cerrito. L'exposition est pour sa part visible sur le site situé à Corregidora, au sud-ouest de la capitale de l'état. Vous pouvez également consulter un diaporama de l'exposition sur le site de l'INAH.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...