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Compte-rendu Arqueología mexicana Hors-série 56

Depuis quelques semaines, on peut touver en magasin un nouveau hors-série de la revue Arqueología mexicana sur le Grand Temple de Tenochtitlan. On serait tenté de dire: "Encore?". Il est vrai que les articles sur cette zone archéologique a fait l'objet de nombreux articles publié dans la version habituelle de la revue que parmi la hors-série. En tout cas, si on compare l'archéologie du Grand Temple et celle des différentes cultures du nord et l'ouest du Mexique, la question serait d'autant plus justifiée. Pourtant je serai tenté de répondre "Encore ! Encore !" tel le suiveur de tel chanteur ou groupe de rock qui nous donne du plaisir par ses chansons.

Une des raisons majeures de cette publication est le centenaire des fouilles systématiques entreprises par Manuel Gamio. Au coeur de la Révolution mexicaine, Gamio, inspecteur en chef de l'Inspection des monuments historiques, dirigea une petite équipe à la recherche de ce qui fut l'enceinte cérémonielle des Mexicas, qui émerveilla les conquérants espagnols par son amplitude et la hauteur de ses temples.

Une autre figure marquante de l'archéologie mexicaine depuis une cinquantaine d'années est sans conteste Eduardo Matos Moctezuma. Au fait de toutes les fouilles effectuées au Templo Mayor et à ses alentours, le chercheur mexicain a naturellement signé la plupart des participations de ce qu'on pourrait considérer un vademecum très utile pour le visiteur de la zone archéologique et du musée qui l'accompagne. Pour le lecteur plus ambitieux, il lui faudra certainement parcourir des ouvrages plus complets et à un prix un peu plus élevé.

Le hors-série est divisé en trois parties. Après une rapide introduction sur l'histoire des fouilles au Templo Mayor et une présentation des tlatohque qui se sont succédé au pouvoir, celui qui fut nommé Chevalier des Arts et Lettres et à l'Ordre National du Mérite en France propose une visite guidée de la zone archéologique décrit rapidement les différentes étapes de construction et d'agrandissements de la pyramide du Grand Temple. Il convient ici de rappeler que d'autres chronologies ont été proposées, quand bien même Matos ait pu affiner la sienne.

La deuxième partie propose une visite du Musée du Grand Temple. Matos participa étroitement à l'élaboration de la muséographie de cette enceinte qui reproduit le dualisme du temple double mexica : orienté vers l'ouest, le visiteur peut voir les aspects liés au soleil et à Huitzilopochtli à droite et ceux associés à Tlaloc à gauche. Les descriptions des six salles et du vestibule où repose le monolithe de Tlaltecuhtli sont succinctes même si les photographes proposées sont de grande qualité.

Dans un dernier temps, Matos Moctezuma cède la place à celles et ceux qui ont fait ou font encore les beaux jours du Proyecto Templo Mayor. C'est ainsi que le lecteur non-averti apprend à connaître la multidisciplinarité du projet, la collaboration étroite avec le Projet d'Archéologie Urbaine inauguré par Matos et actuellement dirigé par Raúl Barrera, les travaux d'iconographie, de biologie moléculaire, d'archéobotanique, d'archéobiologie ou les études sur les matériaux lithiques.

En guise de conclusion, une frise reprend les principales publications faites sur le Grand Temple au cours de ce premier centenaire d'explorations, de recherches et de diffusion du patrimoine mondial mexica. Car on oublie qu'il y a cent ans, on n'en savait pas autant sur la vie rituelle et la pensée mexica. Cette publication grand public est sans doute nécessaire pour le lecteur qui découvre les cultures préhispaniques du Mexique : c'est son but. Celui qui en sait un peu plus devra certainement se rabattre sur les publications commentés en fin d'ouvrage.


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