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Comment on peut être diplômé et manquer de culture

Le Tec de Monterrey est, après l'UNAM, l'université la plus réputée du Mexique, notamment pour ses diplômes en ingénierie. Il n'a jamais la vocation de former des professionnels qui aient une certaine culture générale, notamment en matière d'humanités. La récente publication d'une nouvelle aberrante vient confirmer ce constat, certainement partial de ma part.

Néanmoins, en lisant que le président de l'Association des Anciens élèves du Tec de Monterrey au Yucatan avait commis le pire, mon sang ne fait qu'un tour. L'agence de presse Notimex a en effet publié une dépêche qui provoquera sans nul doute un tollé dans la communauté archéologique mésoaméricaniste. Reconverti dans la politique au Yucatan, Ricardo Ascencio Maldonado n'a rien trouvé de mieux que de détruire à la pelleteuse 2300 ans d'histoire sur le site archéologique 15. Présent dans le Catalogue Archéologique du Yucatan, le site 15 est situé a une surface de 1 km2 et date du Préclassique. Il n'a pas été fouillé et n'est pas accessible à la visite... Situé au carrefour de la route vers Concal et Chixculub (là où se situe le centre du cratère d'un météorite tombé il y a 65 millions d'années), le site a été tout simplement rayé de la carte par les pelleteuses auxquelles M. Ascencio Maldonado avait demandé de nivelé le terrain pour construire un herbage (potrero?). Il a même pris le soin de demander aux ouvriers de délimiter le terrain défriché avec des pierres sculptées que les machines avaient rompues. On a même retrouvé un metate, que les populations autochtones utilisent pour moudre le maïs !

Loin de se limiter à la destruction d'un patrimoine national, il semblerait que des pillages aient été commis, si on en croit les témoignages des ouvriers qui travaillaient sur le chantier. Des céramiques de grande taille, des offrandes et des petites pierres travaillées auraient été sciemment retirées. M. Ascencio Maldonado a dans un premier temps nié les faits, arguant que l'entrée à la zone ne donnait pas directement sur la route. Il a déclaré ne pas connaître les lois en matière de patrimoine archéologique. Finalement c'est une dénonciation anonyme auprès de l'INAH Yucatan qui a arrêté les travaux. Malheureusement il était déjà trop tard...
 
M. Maldonado devra sans aucun doute affronter des charges lourdes puisque la destruction et le pillage d'une zone archéologique sont des délits fédéraux sévérement punis (au moins en théorie, car dans la pratique...). Ce crime de lèse-humanité, Maldonado la paiera certainement encore plus cher auprès du TEC de Monterrey, lui qui cherche à négocier l'ouverture d'un campus TEC de Monterrey au Yucatan. Rappelons que le TEC est certainement la première université à posséder une chaîne d'universités et de lycée, comme on a une chaîne de restaurants rapides. En tout cas quelques cours d'histoire du Mexique ne lui auraient sans doute pas fait de mal. Honte à lui.
 
PS : si vous avez une photo de ce type à me passer, je suis preneur pour la publier.

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Bonne lecture !

Références :
Bernardino de Sahagún (2012). Codex de Florence . [En ligne] Disponible sur : http://www.wdl.org/fr/item/10096/#q=Codex+de+Florence&view_type=list&search_page=1&qla=fr. [Dernier accès 02/09/2013].

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