Accéder au contenu principal

Restaurations de reliefs à Tonina, Chiapas

Le site chiapanèque dont les fouilles et les restaurations sont coordinées par l'archéologue Juan Yadeun fait l'objet d'attentions toute particulière au fur et à mesure que la date de changement d'ères s'approchent. Dest travaux ont été entrepris dès fin 2010 pour passer à la nouvelle ère. Six reliefs seront au centre des préoccupations et des bons soins des restaurateurs. L'un d'entre eux est actuellement sous le feu des projecteurs. Il s'agit de la Frise des Quatre époques ou Quatre soleils. Elle est visible dans le sixième bâtiment qui forme l'acropole qui surplombe l'Usumacinta. Elle fut découverte lors de fouilles en 1992.


Frise des quatre époques, Acropole de Tonina, Chiapas.
Classique tardif.
Photo : Simon Burchell prise le 24/02/2010, disponible le 13/03/2012 sur :

La restauratrice Monica Vargas a expliqué quels procédés ont été utilisés lors de la restauration de ce relief en stuc. Il s'agissait d'injecter de la chaux après le nettoyage de la surface. D'autre part des travaux de consolidation ont été entrepris pour éviter que le relief se morcèle et tombe de son support.

Selon l'hypothèse rapportée dans le bulletin de l'INAH, ce relief représentent les quatre âges suivants : le premier est celui du soleil, le second correspond au serpent bicéphale, le troisième est celui des hommes. Ce compte long s'achevant en décembre 2012, une quatrième époque, celle des Quatre lunes, commencerait alors. L'archéologue Juan Yadeun a notamment expliqué que chaque époque était composé de 13  b'aktunoo'b de 400 ans chacun. Au total c'est un cycle de 5200 années qui s'achèvera en décembre prochain pour qu'un nouveau commence.

Tonina est un site clé pour l'archéologie maya. Tonina a connu une phase d'occupation ininterrompue pendant plusieurs siècles et propose même différents styles architecturaux : la ville a été contemporaine des grandes cités du Classique comme Palenque (avec qui elle fut en guerre pendant 26 ans) ou Copan et de l'Epiclassique comme Chichen Itza ou Uxmal.

L'INAH entend bien capitaliser ce que bon nombre de chercheurs démentent ou fustigent : la date du 21 décembre 2012 semble vouée à attirer le visiteur goguenard, amateur de boniments et de sagesses frelatées et imprécises. Car si l'annonce de la restauration de six des vingt et un reliefs visibles pour le visiteur du site, on ne demeure pas moins circonspect face au jeu paradoxal (mais pas désintéressé) pratiqué par les autorités de l'INAH. Bref, il n'y a aucune cohésion entre leur démarche et leur propos. Cela nous amène à nous interroger : l'INAH aurait-il financé ces travaux de restauration s'il n'y avait pas eu d'effet 2012 ?

Pour agrémenter son bulletin, l'INAH met à disposition un diaporama comprenant différents clichés de Tonina et du fameux relief.

También pueden conseguir las referencias siguientes :
Stuart, David; and George Stuart (2008). Palenque: Eternal City of the Maya. London: Thames & Hudson.
Yadeun, Juan (2001). "El Museo de Toniná: Territorio del tiempo". In Arqueología Mexicana, Vol. IX, número 50, Julio–Augusto 2001, pp.44-49. Mexico : Editorial Raíces.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Raíces 199 - Appel à préinscription pour le III Colloque d'Archéologie, de Paléontologie et d'Anthropologie du Nord-est du Mexique avec Victor Ortega León

Cette semaine, Raíces a reçu la visite de notre vieux complice VIctor Ortega León, professeur à l'École Nationale d'Anthropologie et d'Histoire du Nord du Mexique. Comme depuis 2013, nous invitons les chercheurs et étudiants intéressés à présenter leurs travaux et recherches au public regiomontano. Comme chaque semaine, nous vous proposons d'écouter, télécharger et partager ce  programme  sur le portail Archive en format  mp3  et  ogg . Références Appel aux pré-inscriptions pour le CAPAN 2015 Formulaire de préinscription pour le CAPAN 2015. Page officielle du CAPAN 2015. Page Facebook officielle du CAPAN 2015 Crédits musicaux Susana Harp - Bélee Crúu (Chanson zapotèque de Cándido Zárate) Son Gubidxa - El feo (Chanson zapotèque de Demetrio López) Évènements universitaires et académiques INAH XI Jornadas Permanentes de Arqueología 2015, Musée du Grand Temple, México, 24/04, de 10h30 à 12h40. 10:00 - 10:50  Fa...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...