Accéder au contenu principal

Arqueología Mexicana 115 - Cholula

Nous en parlions sur les réseaux sociaux il y a une quinzaine de jours: le numéro 115 de la revue grand-public de l'INAH est disponible à la vente. On peut consulter le sommaire sur la page internet de la revue. Elle a pour dossier central la cité préhispanique de Cholula, actuellement située à quelques kilomètres de Puebla.



L'Universidad De Las Américas en Puebla est la principale institution à effectuer des recherches systémiques sur ce qui était une ville de pélerinage obligatoire pour les dirigeants devant valider leur arrivée au pouvoir. La ville de Quetzalcoatl reste embuée de mystère. C'est d'abord Eduardo Merlo Juárez qui s'attache à nous présenter le passé glorieux et sacré de Cholula, évoquant notamment l'émerveillement des conquérants à leur arrivée dans cette ville sainte.

Eduardo Matos Moctezuma revient sur les quarante premières années de fouilles systématiques à Cholula : il convient de rappeler qu'il fut d'ailleurs l'un des archéologues à oeuvrer dans les années 1960. Noguera, Messmacher et Marquina furent également de ceux qui creusèrent la pyramide pour mieux en comprendre la structure. 


C'est d'ailleurs de sous-structures et de constructions et agrandissements successifs dont il est question dans l'article signé par Gabriela Uruñuela y Ladrón de Guevara et Amparo Robles Salmerón, toutes deux archéologues à l'UDLA. Une autre figure de cette institution, la Dr Patricia Plunkett, s'attarde à expliquer les différents monuments présents sur le Patio des Autels. Michael Lind et Catalina Barrientos procèdent à une étude de la Mapa de Cuauhtinchan 1 et 2 et de l'Historia Tolteca-Chichimeca: ils proposent ainsi de comprendre le gouvernement en vigueur. Puis Gilda Hernández Sánchez détaille les caractéristiques physiques et iconographiques de la céramique polychrome dite Cholula. John M.D. Pohl propose d'ailleurs des rapprochements ce style de céramique et celle de la culture Aztatlán observable au Nayarit et au Jalisco. EnsuiteFrancisco González-Hermosillo Adams propose une lecture du Codex Cholula : il en ressort que les informations présentées sont considérées comme frauduleuses. Avec Lori Diel, on découvre un autre document colonial intitulé Manuscrito del aperreamiento: il s'agit d'un châtiment ordonné par Cortés contre six nobles et un prêtre cholultèque lors de l'occupation de la ville par les Espagnols. Un dernier et court papier ébauche les fouilles de sauvetage effectuées dans les rues de Cholula: il est l'oeuvre de Ashuni Romero Butrón et de Carlos Cedillo Ortega.

On compte également trois autres articles à teneur archéologique. Le premier est l'oeuvre d'Alexandra Biar, doctorante en archéologie à Paris I : elle revient sur les embarcations et le systèmes de canaux dans l'ancienne Tenochtitlan. Leonardo López Luján et Gabriela Sánchez Reyes reviennent sur un autre vestige mexica : il s'agit d'une tête de jaguar qu'on peut observer lors d'une promenade dans la rue Emiliano Zapata. Enfin Francisco Riquelme revient sur l'ambre et ses secrets.

On retrouve également les habituelles sections de la revue. Xavier Noguez nous propose une rapide présentation du Codex de Florence. On notera par ailleurs les débuts d'une nouvelle version en espagnol de ce document compilé par Bernardino de Sahagún dans le numéro 43 de la revue Estudios de Cultura Nahuatl. Elle sera l'oeuvre de José Rubén Romero Galván. Dans la série mythe ou réalité, Eduardo Matos Moctezuma revient cette fois sur la perception de la Malinche par la tradition populaire et se demande si elle fut vraiment une traîtresse.


Les publications sur ce qui était considéré par les Conquistadors comme la Rome des Amériques se font rares. Le fait qu'Arqueología Mexicana propose un numéro complet est un effort plus que louable. Nous vous en recommandons chaudement l'achat.
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Carbone 14 - L'Amérique latine pillée !

Dans son programme du 5 novembre 2016, Vincent Charpentier recevait André Delpuech, responsable des collections précolombiennes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour discuter du pillage et des ventes des objets précolombiens.Voici peu, les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (Ocbc) procédaient à des saisies conservatoires de pièces archéologiques sud-américaines, mises aux enchères dans de grandes salles des ventes. Ainsi, désormais, le Mexique, le Guatemala l'Equateur ou le Pérou interviennent au nom de la sauvegarde de leur patrimoine. L'Amérique latine est l'objet d'un très intense pillage de son patrimoine précolombien. A la base, sont les huaqueros, les pilleurs de tombes...Qu'en est-il de la circulation de ces collections archéologiques provenant des Amériques, du pillage de sites, du trafic illicite, de la traçabilité des objets ? De ce patrimoine mis aux enchères, parfois acquis par les musées, que penser des fa…

Découverte d'une deuxième structure sous la Pyramide du Castillo à Chichen Itza.

La pyramide du Castillo à Chichen Itza est probablement un des monuments mexicains les plus représentés et les plus publiés sur la toile. C'est une icône au-delà du simple qu'elle ait été reconnue comme faisant partie des 7 merveilles du monde moderne il y a quelques années. Le site yucatèque a récemment défrayé la chronique pour ces concerts somptueux inaccessibles pour le commun des mortels, la présence illégale de vendeurs dans la zone archéologique et des tarifs d'entrée prohibitifs dont le gouvernement décide de la hausse à sa guise, etc.

On en oublierait presque que Chichen Itza est une zone archéologique, c'est-à-dire, un lieu dédié à la recherche scientifique.



Cette fois-ci, avec un outil semblable conceptuellement parlant, une équipe mixte de recherches UNAM-INAH a entrepris une prospection électrique en trois dimensions de la Pyramide du Castillo. L'archéologue Denisse Argote Espino est devenue une spécialiste en la matière, apportant sa technique innovante…

Fouilles de sauvetage à Zacatenco, Mexico

Sur son site internet, l'INAH fait état de fouilles de sauvetage au nord de Mexico, préalables à la construction de l'aqueduc Guadalupe, à quelques encâblures de la Basilique de Guadalupe.  Après six mois de travaux dirigés à Zacatenco par la jeune Estibaliz Aguayo Ortíz, les résultats sont tout simplement surprenants. 
On dispose de peu de contextes fouillés systématiquement dans la vallée de México et datés du Préclassique. Vaillant (1930) avait fouillé à Zacatenco dès 1928 et publié ses résultats deux ans plus tard. Une des références en la matière a été le travail effectué ensuite par Piña Chan (1958) à Tlatilco.  Puis il a fallu attendre des fouilles de Sanders et Parsons à la fin des années 1960 pour en savoir un peu plus sur Zacatenco.

Les découvertes de la Direction d'Archéologie de Sauvetage de l'INAH sont de deux types. Tout d'abord les restes de 145 individus ont jusqu'à présent retrouvés. Certains enterrements comptaient jusqu'à trois individus da…