Accéder au contenu principal

Restauration de grelots à Santo Nombre, Puebla

Les restaurateurs de l'ENCRyM ont récemment travaillé sur une offrande funéraire retrouvée à proximité du corps d'un jeune garçon. Ce dernier était enterré sous la plateforme centrale du site poblano de Santo Nombre. Au total, ce sont 69 grelots qui ont été soumis à un traitement de stabilisation. Nous avions rapporté la découverte de ce corps il y a deux ans et demi

Blas Castellon Huerta, en charge du projet, est récemment revenu sur les études et analyses effectuées sur les restes: "Il s'agit d'un garçon âgé entre 9 et 13 ans". Son corps était placé en position assise, les bras étendus. Il avait des os d'oiseaux dans ses mains et une pierre verte a été retrouvé à hauteur de sa trachée. Les 69 grelots mentionnés plus tôt recouvraient ses chevilles. Ils mesurent en moyenne 2 cm de long pour 2 cm de large. Ils sont le résultat d'un alliage de cuivre, d'arsenic et de plomb. Des éléments organiques ont livré quelques secrets intéressants : des attaches en cuir regroupaient les grelots et s'appuyaient sur des bandes en papier amate et en issu disposées sur les chevilles du sujet. 

Les archéologues se sont également intéressés à la datation C14 des ossements: ils ont pu déterminer qu'il avait été déposé vers 1200 de notre ère, longtemps après l'abandon du site au Classique moyen vers 600. Pour les archéologues, il semble donc probable que de petits groupes aient continué d'utiliser certaines structures à des fins rituelles.

Des études d'archéozoologie ont permis d'identifier que les petits os retrouvés dans les mains du préadolescent correspondaient à ceux d'un faucon et d'une caille. Ici nous nous arrêtons pour extrapoler le symbolisme des oiseaux. Selon différents peuples mésoaméricains, les deux ont des connotations solaires. En ce qui concerne la caille, elle est présentée régulièrement dans les chroniques coloniales et les codex comme l'oiseau le plus souvent sacrifié ou offert (1). Il est probable que le jeune homme inhumé ait eu un aspect solaire.

Pour assurer leur stabilité, les restaurateurs de l'ENCRyM ont procédé à un nettoyage des pièces avant de nettoyer les traces de corrosion observées. Un coffret spécial a été élaboré afin de garantir des conditions optimales de conservation.

Vous pouvez également consulter directement le carnet créé pour le projet Santo Nombre : vous bénéficierez ainsi d'informations de première main même si il n'est guère actualisé. Cliquez ici : http://santo-nombre.blogspot.mx/.

Pour en savoir plus, on consultera directement la note publiée sur le site officiel de l'INAH et la galerie de photos adjointe. Félicitations à toute l'équipe du Projet Santo Nombre.

(1) Sierra Longega, Patricia. 2006. "La codorniz, animal mítico". In Arqueología Mexicana, vol. XIV, núm. 86. Mexico : Editorial Raíces-INAH.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...