Accéder au contenu principal

Une offrande retrouvée dans un ancien quartier de Tenochtitlan

Quand on évoque Tenochtitlan, on pense généralement au Huey teocalli, le Grand Temple. Il ne faut pourtant oublier que la capitale mexica était principalement constituée de différents quartiers résidentiels où les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Il est intéressant de voir comment l'archéologie nous fait connaître ses bribes de routine qui nous rapproche des anciens habitants de la ville de Mexico.

C'est ainsi qu'une courte dépêche de l'INAH nous révèle la découverte d'une offrande au sud-est du zocalo, au carrefour des rues Regina et Correo Mayor. Elle est composée d'une vaisselle en céramique à l'intérieur de laquelle ont été déposées les cendres et les os incinérés d'un individu, et pas moins de 200 pièces d'obsidienne disposées autour. D'autres pièces de céramiques zoomorphes figurent également à l'inventaire.

D'autre part trois petites plateformes préhispanique en argile, mesurant en moyenne 2 m de long pour 1 m de large ont été mises à jour: elles se situent à 2,5 m sous le niveau actuel du sol. En se référant aux propositions d'Alfonso Caso, l'archéologue Manuel Eduardo Pérez Rivas estime que cette offrande se situe dans ce qui était autrefois le calpulli Teopan o Zoquiapa.

C'est en découvrant des restes de matériel lithique (silex, éclats de taille, lamelles ébauchées) à deux mètres sous le sol que l'équipe de Maribel Cruz García a décidé de poursuivre sa remontée dans le temps et a fini par atteindre l'emplacement de l'offrande susdite.

L'incinération était un rituel funéraire significatif. Le commun des mortels est habituellement enseveli directement sous le sol de sa demeure. Il n'est pas exclu que le personnage incinéré puis enterré ait eu une importance certaine. Il sera également intéressant de voir quel traitement peri mortem il a reçu.

Pour en savoir plus sur cette découverte, vous pouvez consulter le bulletin publié par l'INAH et observer le diaporama disponible ici. Sur le thème des rituels funéraires et du traitement crématoire, vous pouvez également consulter l'ouvrage de notre collègue Ximena Chávez Balderas intitulé Rituales funerarios en el Templo Mayor de Tenochtitlan et publié par l'INAH en 2005. Elle est également l'auteur d'un rapport intitulé Sacrificio humano y tratamientos mortuorios en el Templo Mayor de Tenochtitlán, publié gratuitement sur le site du FAMSI.
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Curieuses découvertes au pied de la Pyramide de la Lune à Teotihuacan

Dans un bulletin publié hier sur le site de l'INAH, Verónica Ortega, sous-directrice de la zone archéologique de Teotihuacan, a annoncé une série de découvertes troublantes reprises dans différents médias mexicains comme la Jornada, Milenio ou El Universal. Cette partie du site est d’ailleurs le pré carré de la chercheuse mexicaine, elle qui fut notamment en charge de la supervision du Palais de Quetzalpapalotl.



“La nature a horreur du vide”, disait Aristote. Force est de constater que le vide était abhorré dans la cosmovision mésoaméricaine. En plus de cent années d’exploration à Teotihuacan, la place située au pied de la Pyramide de la Lune n’a été sondée et fouillée superficiellement que dans les années 1960 ! La Structure A qui la ferme au nord est pourtant en train de révéler des secrets trop longtemps gardés. Mesurant 25 m de côté, cette structure continue de générer de nombreuses interprétations et de polémiques entre spécialiste. Elle est composée en surface d’une dizaine …

Découverte d'une deuxième structure sous la Pyramide du Castillo à Chichen Itza.

La pyramide du Castillo à Chichen Itza est probablement le monument le plus représenté et le plus publié sur la toile. C'est une icône au-delà du simple qu'elle ait été reconnu comme faisant partie des 7 merveilles du monde moderne. Le site yucatèque a récemment défrayé la chronique pour ces concerts sompteux inaccessibles pour le commun des mortels, la présence illégale de vendeurs dans la zone archéologique et des tarifs d'entrée prohibitifs dont le gouvernement décide de la hausse à sa guise, etc.

On en oublierait presque que Chichen Itza est une zone archéologique, c'est-à-dire, un lieu dédié à la recherche scientifique.


Cette fois-ci, avec un outil semblable conceptuellement parlant, une équipe mixte de recherches UNAM-INAH a entrepris une prospection électrique en trois dimensions de la Pyramide du Castillo. L'archéologue Denisse Argote Espino est devenue une spécialiste en la matière, apportant sa technique innovante à El Pañhü, Hidalgo, ou à Teteles de Ocotit…

Carbone 14 - L'Amérique latine pillée !

Dans son programme du 5 novembre 2016, Vincent Charpentier recevait André Delpuech, responsable des collections précolombiennes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour discuter du pillage et des ventes des objets précolombiens.Voici peu, les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (Ocbc) procédaient à des saisies conservatoires de pièces archéologiques sud-américaines, mises aux enchères dans de grandes salles des ventes. Ainsi, désormais, le Mexique, le Guatemala l'Equateur ou le Pérou interviennent au nom de la sauvegarde de leur patrimoine. L'Amérique latine est l'objet d'un très intense pillage de son patrimoine précolombien. A la base, sont les huaqueros, les pilleurs de tombes...Qu'en est-il de la circulation de ces collections archéologiques provenant des Amériques, du pillage de sites, du trafic illicite, de la traçabilité des objets ? De ce patrimoine mis aux enchères, parfois acquis par les musées, que penser des fa…