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Sur les traces de Santiago

L’Alchimiste fait partie de ces romans qui réconfortent et surprennent un lecteur par le profond sentiment d’humanité qui s’en dégage. Je vous propose de découvrir quelques passages et paysages d'un livre qui ne laisse pas indifférent.



Santiago, jeune berger, est surtout un voyageur dans l’âme. A la quiétude d’une vie casanière, le jeune homme a préféré la vie de nomade, parcourant son Andalousie pour élever ses bêtes et vendre leur laine. Il échappe à toute routine jusqu’au jour où un rêve nocturne l’obsède : un enfant lui dit qu’un trésor l’attend au pied des pyramides d’Egypte. Un vieil homme étrange lui donne les premières clés pour comprendre le voyage qui l’attend et le voit s’éloigner vers l'Afrique.

« Surplombant la petite ville de Tarifa, existe une vieille forteresse jadis construite par les Maures ; et qui s’assied sur ses murailles peut voir de là une place, un marchand de pop-corn et un morceau de l’Afrique. »



Murailles entourant la ville de Tarifa, Andalousie.


A l’instar du Candide de Voltaire, Santiago entame alors un long parcours où il doit apprendre à déchiffrer les signes du destin, à se laisser guider par son coeur pour atteindre son trésor. Il décide donc de traverser le bras de mer séparant l’Espagne et le Maroc. Malheureusement il se fait voler le jour même, au port de Tanger, le peu d’argent qui devait lui permettre de voyager jusqu’en Egypte. Contraint de travailler dans un magasin de cristaux, Santiago médite son cuisant échec et se résout à retourner chez lui après quelques mois de labeur.

« Un après-midi, il vit un homme en haut de la montée, qui se plaignait qu’on ne pût trouver un endroit convenable pour boire quelque chose après avoir gravi cette rampe ».



Medina de Tanger, Maroc.


Ayant permis la prospérité de son patron et assuré les frais de son voyage vers l’Egypte, il rejoint une caravane de marchands de cristaux. Il y fait la connaissance d’un Anglais, désireux de découvrir les secrets des alchimistes, notamment celui de la Pierre Philosophale. Cet homme espère retrouver un alchimiste capable de l’aider. L’un et l’autre apprennent que les signes de la vie peuvent être lus dans la vie de la caravane comme dans les livres d’alchimie.

« La caravane se mit en marche en direction du levant. On avançait durant la matinée, on faisait halte quand le soleil devenait brûlant, et l’on reprenait la progression quand il commençait à baisser… Mais, dans le désert, il n’y avait rien d’autre que le vent éternel, le silence, les sabots des bêtes. Même les guides entre eux ne causaient guère. »



Caravane traversant le désert.


Menacée par des attaques de brigands et des guerres entre clans, la caravane finit par atteindre la gigantesque oasis de Fayoum. Partis à la recherche de l’alchimiste vivant dans l’oasis, les deux jeunes font par hasard la connaissance de Fatima, une jeune porteuse d’eau. Santiago en tombe rapidement amoureux et est prêt à tout abandonner pour vivre son amour. Fatima lui rappelle alors la nécessité qu’il a d’accomplir sa quête personnelle et le rassure sur ses sentiments qui l’accompagneront jusqu’à la fin de son parcours.

« Et ce fut comme si le temps s’arrêtait, comme si l’âme du monde surgissait de toute sa force devant le jeune homme.
Quand il vit ses yeux noirs, ses lèvres qui hésitaient entre le sourire et le silence, il comprit la partie la plus essentielle et la plus savante du Langage que parlait le monde, et que tous les êtres de la terre étaient capables d’entendre en leur cœur. Et cela s’appelait l’amour, quelque chose de plus vieux que les hommes et le désert même… »



Oasis du Fayoum, Egypte.


Cependant Fayoum est sous la menace d’une attaque de guerriers du désert que seul Santiago perçoit. Son intervention auprès des dirigeants de l’oasis aurait pu lui coûter la mort mais elle lui donne fortune et considération. Marqué durablement par l’image de Fatima, le jeune homme finit par rencontrer l’Alchimiste de l’oasis. Ce dernier l’observait de loin et finit par lui proposer de le guider jusqu’aux pyramides… (je vous laisse découvrir la fin par vous-même)

« Toute la nuit, il creusa à l’emplacement indiqué, sans rien trouver. Du haut des Pyramides, les siècles les contemplaient en silence. Mais il ne renonçait pas. Il creusait, creusait sans discontinuer, luttant contre le vent qui, plus d’une fois, ramenait le sable au fond du trou… »

]


Pyramides de Gizeh, Egypte.



Paulo Coehlo reprend cette trame narrative pour en faire bien plus qu’une recherche matérielle. Le jeune Santiago va découvrir bien plus qu’un trésor : il se découvre, apprend à écouter ses sentiments, à avoir confiance en lui.
Coelho s’inscrit dans une tradition littéraire bien établie : celle du conte philosophique. Le merveilleux a sa place dans ce roman : on avance dans des endroits connus mais à une époque difficilement identifiable. Le jeune héros ou la jeune héroïne, élevé(e) en vase clos, voit sa vie basculer et rebondir au gré du destin comme Zadig ou l’Ingénu de Voltaire. Un voyage initiatique, le confronte aux autres et fatalement à lui-même. L’Alchimiste est une formidable leçon de vie, d’humanité. Il prend le lecteur à témoin, le pose face à lui-même, face à ses doutes. Il contient plusieurs clés pour maîtriser nos doutes, jouir des trésors de la vie et écouter notre cœur.
Cette philosophie si humaine, si généreuse, on la retrouve dans d’autres bouquins de Coelho comme la Cinquième Montagne ou le Manuel du Guerrier de la Lumière. Tous sont disponibles en livre de poche. Un dernier conseil cependant : n'allez pas croire que ce livre résoudra tout vos problèmes! Il peut vous aider à voir les choses différemment mais il vous montre à compter sur vous-même pour avancer.

Quelques sites pour vous faire une idée plus précise de cet auteur brésilien et de son oeuvre:

http://www.panoramadulivre.com/htmlfr/selec0303e.htm (français)
http://www.paulocoelho.com.br/ (multilingue)

Enfin une dernière citation pour accompagner votre lecture :

« Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir ».

Gracias a mi Tortuguita quien me regalo este libro.

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