Accéder au contenu principal

Compte-rendu de l'exposition Moctezuma: An Aztec Ruler

Yvan R. est Belge et fondu du Mexique. Il n'est pas chercheur mais il a tenu à partager ce qui constitue une des deux plus importantes expositions sur le Mexique Ancien, visibles actuellement en Europe. Il s'est donc rendu à Londres pour découvrir Moctezuma. Qu'il soit donc ici publiquement remercié pour sa disponibilité et son enthousiasme.

Qui était Moctezuma et qui l’a tué ?
Telles sont les deux énigmes auxquelles le British Museum essaie de répondre au travers d’une exposition intitulée « Moctezuma : Aztec Ruler » qui se tient à Londres du 24 septembre 2009 au 24 janvier 2010.
L’exposition est accessible tous les jours de 10 heures à 17h30 (20h30 le jeudi et le vendredi) ; prix de l’entrée : 12 pounds (nombreuses réductions). Pour tout renseignement et pour télécharger un intéressant dossier pédagogique, voyez le site « britishmuseum.org ». Quelques photos des pièces les plus importantes.
Au fil du parcours le visiteur explore la civilisation aztèque à travers les rôles divin, religieux, politique et militaire de son septième et antépénultième souverain élu qui régna de 1502 à 1520. Son portrait émerge progressivement, qui nous montre, au travers des réalisations exceptionnelles de son règne, un grand souverain, un homme cultivé, éduqué, un prêtre, une personnification des dieux, un guerrier qui d’ailleurs agrandit son empire, un orateur capable de convaincre par la parole.
En 1507, au point culminant de son règne, Moctezuma dirigea la cérémonie du Feu Nouveau qui marquait la fin d’un cycle de 52 ans dans le calendrier des Mexicas. A cette occasion, fut sculpté le Teocalli de la Guerre sacrée. Ce monolithe d’environ un mètre cube est une des pièces maîtresses de l’exposition. La base représente une pyramide avec des escaliers menant à un temple ; au sommet, entourant un disque solaire, les portraits sculptés de Moctezuma lui-même et de Huitzilopochtli, le dieu de la guerre.
Ce portrait de Moctezuma en dialogue avec le dieu doit être confronté à celui que fit le peintre Antonio Rodriguez vers 1690 et qui montre un beau et fier sauvage tout emplumé.
Car nous ne connaissons l’histoire qu’à travers les récits des vainqueurs. Selon ceux-ci, le souverain, ayant pactisé avec Cortes, fut tué d’une pierre lancée par l’un des siens alors qu’il tentait de convaincre son peuple de se soumettre. Est-ce pour cette raison que Moctezuma n’a toujours pas de monument au Mexique, se demande Neil Mc Gregor, directeur du BM ?

Alors, Moctezuma fut-il une victime de l’histoire, ou des présages, ou de la religion, ou de lui-même, ou encore de la façon dont nous lisons l’histoire ? En tout cas deux sources, le Codex Moctezuma (fin 16ème siècle) et le Lienzo de Tlaxcala (1585) montrent que ce sont les Espagnols qui ont privé Moctezuma de sa liberté et qui l’ont tué, sans doute lorsqu’ils ont jugé qu’il ne leur serait plus utile.
Les pièces les plus spectaculaires sont des masques couverts de mosaïque en turquoise, des bijoux en or, de la vaisselle, un cœur humain sculpté dans la pierre, des codex, un impressionnant collier en forme de serpent à double tête, un couteau sacrificiel,…
J’ai été particulièrement frappé par ce crâne humain orné de turquoise, les dents toujours en place dans un rictus effroyable, les yeux saillants en pierre noire  La multiplicité des matériaux utilisés montre aussi l’étendue des relations commerciales entretenues par les Mexicas avec leurs voisins du Golfe ou de la côte du Pacifique.
L’émotion grandit encore lorsque, dans la dernière section consacrée à la conquête, on rencontre les armures, es bannières, et les puissants chevaux des Espagnols qui anéantirent un extraordinaire empereur et, en définitive, tout un monde.

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci pour ce compte rendu qui me fait saliver, j'ai hâte d'être au 18/01 pour voir ça, si l'eurostar daigne bien vouloir me conduire jusque là ?!

je me permets de mettre un petit lien audio sur Moctezuma http://canalacademie.com/spip.php?article1736

Sinon que valent les livres de Michel Graulich ?

Merci
Anonyme a dit…
De retour de cette superbe exposition Aztec ruler de Londres, je compléterais le compte rendu de mon prédécesseur par mon émotion de ce superbe et grandiose tableau représentant Moctezuma II , je ne me souviens plus le nom de l'artiste l'ayant peint. L'envergure du tableau est impressionnante.

J'ai apprécié la maquette de grande taille représentant le centre cérémoniel de TENOCHTITLÁN,

le vase aztèque en forme d'aigle utilisé pour recevoir le coeur des victimes des sacrifices, les teponatzli en pierre et en bois, le serpent à deux têtes en jade, le masque de miroir fumant Tezcatlipoca beau et effrayant à la fois, les différents codex, le travail des bijoux et pendentifs !

L'étendard du bataillon de Cortès, le plastron métallique d'Alvarado, et surtout l'arme des Aztèquesune espèce de batte de baseball plate avec de chaque côté des rectangles d'obsidiennes espacés de quelques centimètres à peine, malgré la puissance des armes espagnols, en voyant cette arme Aztèques je me suis imaginé la violence du coup !

Un schéma bien expliqué du fonctionnement du calendrier Aztèque.

Dommage que les photos soient interdites pour l'exposition, mais elle fût fort appréciable tout de même.

Ci-joint une photo de l'entrée, seule consolation

http://i11.servimg.com/u/f11/12/11/01/43/aztec_10.jpg

Cordialement jo

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Raíces 199 - Appel à préinscription pour le III Colloque d'Archéologie, de Paléontologie et d'Anthropologie du Nord-est du Mexique avec Victor Ortega León

Cette semaine, Raíces a reçu la visite de notre vieux complice VIctor Ortega León, professeur à l'École Nationale d'Anthropologie et d'Histoire du Nord du Mexique. Comme depuis 2013, nous invitons les chercheurs et étudiants intéressés à présenter leurs travaux et recherches au public regiomontano. Comme chaque semaine, nous vous proposons d'écouter, télécharger et partager ce  programme  sur le portail Archive en format  mp3  et  ogg . Références Appel aux pré-inscriptions pour le CAPAN 2015 Formulaire de préinscription pour le CAPAN 2015. Page officielle du CAPAN 2015. Page Facebook officielle du CAPAN 2015 Crédits musicaux Susana Harp - Bélee Crúu (Chanson zapotèque de Cándido Zárate) Son Gubidxa - El feo (Chanson zapotèque de Demetrio López) Évènements universitaires et académiques INAH XI Jornadas Permanentes de Arqueología 2015, Musée du Grand Temple, México, 24/04, de 10h30 à 12h40. 10:00 - 10:50  Fa...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...