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Arqueología Mexicana 109

Un très beau numéro que la dernière publication de Raices-INAH. Au programme de ce bimestre, un sujet difficile à résumer en si peu de pages : les Nahuas.


Grâce à des auteurs aussi réputés que Miguel León-Portilla, son épouse Ascensión Hernández, Xavier Noguez ou Patrick Johansson, il était difficile de trouver meilleur casting pour nous parler du peuple indigène dont la langue est la plus parlé au Mexique.

Le dossier propose une vision englobant des axes d'études très distincts pour avoir une vision générale des Nahuas. En premier, Miguel León-Portilla présente rapidement le développement de cette culture à travers le temps et l'espace mexicain. Son épouse résume ensuite les aspects et l'évolution de la langue nahuatl. Suit un article de Noguez sur la production des codex nahuas dans le centre du Mexique. Patrick Johansson poursuit ce travail en présentant les principaux écrits coloniaux et modernes (comme la Constitution de 1857 et les ordonnances de l'empereur Maximilien de Habsbourg). Natalio Hernandez nous donne une vision contemporaine des Nahuas, en montrant comment le territoire de cette langue et de cette culture s'étend un peu plus mais n'en est pas moins menacée.

En complément du dossier principal, on pourra lire les résultats d'une étude d'anthropologie physique et plus particulière de paléopathologie sur deux corps retrouvés sous l'ex-couvent de San Jeronimo, au DF. Ces squelettes de l'époque vice-royale ont révélé des maladies osseuses aux origines surprenante. Les paléopathologues ont ainsi déterminé que l'une des deux femmes avait probablement souffert d'un cancer du sein dont les métastases avaient gagné d'autres parties du corps et de son squelette. L'autre femme souffrait pour sa part d'ostéopéquilose. D'ailleurs pour plus d'informations sur la paléopathologie et ses applications pratiques, faites un tour sur le carnet de Bertrand (encore un !) Mafart ou sur son site internet.

On remarquera aussi la première reproduction de la Descripción de Monumentos antiguos Mexicanos, oeuvre rédigée par Guillaume Dupaix et illustrée par José María Polanco. Publié en 1794, cet ouvrage présentait alors sert toujours de référence pour les anthropologues spécialistes du Templo Mayor, puisque on peut retrouver. Dans un article historiographique sur ce livre Leonardo López Luján propose de comparer les commentaires de Dupaix et les dessins de Polanco avec les photographies des monuments conservés pour la plupart. C'est ainsi qu'on apprend que le serpent à plumes de Santa Cecilia Acatitlan n'était pas décapitée. López Luján explique également que la tête avait été retrouvée récemment dans les réserves du Museo Nacional de Antropología et avait retrouvé son corps, lors d'une récente restauration.


Vue supérieure du serpent à plumes de Santa Cecila Acatitlan,
Pierre volcanique, Mexica, Postclassique.
Photo B. LOBJOIS, prise le 28 décembre 2007.


Qui plus est, une petite carte du centre historique agrémentée des différents monuments présentés par Dupaix permettent de situer rapidement l'emplacement actuel de leur découverte.

Pour les olméquistes, on pourra lire un article de John Garwood Hodgson et Emiliano Gallaga Murrieta décrivant le Monument 3 du site de Ojo de agua, situé sur la côte chiapanèque, à plusieurs centaines de kilomètres de ce qui est considéré habituellement la zone olmèque. L'analyse de ce monument est l'occasion d'en savoir un peu plus sur un site ancien et méconnu.

Terminons avec les deux documents proposés par Manuel Hermann Lejarazu et Xavier Noguez. Le premier nous rapporte les aventures tumultueuse du Codex Tulane tandis que le second décortique le Codex de Jilotepec.

De quoi bien se documenter avant la prochaine livrée sur la royauté maya, prévue en juillet.
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