Accéder au contenu principal

Le projet Apupato, Michoacan

Complètement passé inaperçu aux yeux de l'INAH, le projet Apupato dirigé par le Dr Fisher du département d'anthropolgie à la Colorado State University a pourtant attiré l'attention du site du National Geographic aux Etats-Unis et de différents portails et fora de discussions. Pour rédiger cet article, nous avons pris le parti d'aller chercher l'information à la source, c'est-à-dire sur la page internet The Lake Patzcuaro Basin Archaeological Project.

Situons d'abord, Apupato est une ancienne île située dans le bassin du lac de Patzcuaro au Michoacan. Cette partie du Mexique est connu pour avoir été le siège de l'expansion de l'empire tarasque, appelé aussi Purépéchas ou P'urhépecha, grand rival insoumis des Aztèques au XVe et XVIe siècle. Tzintzuntzan, aux pyramides appelées yacatas, en était la capitale. Apupato est aujourd'hui vu comme une colline appelée Cerro El Vado. Pourtant les couches géologiques montrent clairement qu'il s'agissait d'une île.


L'équipe pluridisciplinaire de Fisher a mené une première campagne de reconnaissance en 2006 et une seconde en 2007. Elles ont permis la cartographie de seize zones d'occupation préhispaniques. Le site internet du projet propose d'ailleurs une animation flash qui résume bien l'histoire de l'occupation de cette île. Selon les premières hypothèses d'interprétation, Apupato était certainement fréquentée par l'élite locale.

Une des découvertes intéressantes est sans contexte ce petit temple situé à proximité d'une petite plateforme, comme en témoigne ce plan.



Le temple nécessitera certainement quelques fouilles et par conséquent devra être restauré, comme l'exige la loi mexicaine.




L'autre découverte importante est certainement la présence très marquée de terrasses pour l'agriculture.




Actuellement l'équipe est en mission de reconnaissance près du Cerro Bella Vista et dans la région de Mal Pais où ils ont cartographié 200 habitations anciennes. On peut suivre les péripéties de cette petite expédition sur le blog du projet.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...