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Sur le barrage maya de Tikal, Guatemala

Sur le site anglophone Phys.org on peut lire le résumé d'un article collectif intitulé "Water and Sustainable Land Use at the Ancient Tropical City of Tikal, Guatemala". Il est l'oeuvre d'une équipe d'archéologues de l'University of Cincinatti, de l'University of Texas at Austin et de l'Universidad de San Carlos au Guatemala. Parmi les auteurs on retrouve notamment Vernon Scarborough et Liwy Grazioso. L'article, déposé en février 2012 est disponible dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (payant comme trop souvent).

Après 40 ans d'absence, une équipe américano-guatémaltèque a été formée en 2009 pour développer un projet de fouilles sur le site maya de Tikal. Ce site qui a connu une occupation connue entre le Préclassique moyen et le Classique tardif a connu un développement urbanistique et démographique de première importance: on parle d'un territoire couvrant plus de 140 km2 et on estime que la population ait pu atteindre les 80000 habitants ! Par conséquent, il est évident que les besoins en ressources naturelles pour alimenter la ville était primordiaux, notamment en eau.

Dès lors, c'est un concours de créativité et d'ingénierie qui semble avoir eu lieu dans la ville afin de récupérer la majeure quantité du précieux liquide. La construction d'un barrage révèle bien le besoin accru et permanent en eau, en particulier pour éviter les épisodes de longue sécheresse. Second par la taille en Mésoamérique, celui de Tikal présente la particularité d'avoir un chemin qui reliait les deux parties, le même qui est emprunté par les touristes qui visitent le site archéologique aujourd'hui. Il recueillait les eaux qui s'écoulaient depuis différentes surfaces stuquées dans le centre de la ville. De fait elles étaient également dirigées vers différents réservoirs artificiels.

Les canalisations étaient coupées par des "boîtes de sable" qui filtraient l'eau de ses impuretés et la rendre potable. Les habitants de Tikal devaient parcourir 30 kilomètres pour se procurer ces sables de quartz, montrant ainsi la valeur qu'ils attribuaient à l'eau. Un ingénieux système de canalisations permettait enfin d'irriguer les parcelles à cultiver. Ce système a permis d'alimenter la ville jusqu'au IXe siècles quand des sécheresses plus longues ont mis à mal la zone maya.

Il y a quelques années, des archéologues avaient mis au jour un système d'eau sous pression à Palenque, le premier découvert sur tout le continent américain. Cela en dit long sur la conception de l'urbanisme selon les anciens Mayas.

Comme l'explique très bien l'archéologue américain Michael Smith dans un billet publié sur son carnet Publishing Archaeology, si les réservoirs de Tikal sont connus depuis longtemps et si cette étude propose une meilleure compréhension du système d'approvisionnement en eau de la ville de TIkal, l'argument d'un modèle de développement durable pose quelque peu problème. Comme le dit l'astrophysicien canadien Hubert Reeves: " En science comme ailleurs, l’inertie intellectuelle, la mode, le poids des institutions et l’autoritarisme sont toujours à craindre." Smith ne rejette pas complètement cet hypothèse mais il estime qu'il faudrait davantage de données et des cas similaires pour la valider définitivement.

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