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Un édifice funéraire retrouvé à Atzompa, Oaxaca

Les archéologues pensait jusqu'à présent qu'Atzompa était un petit site satellite de la grande Monte Alban. Force este de constater que ce statut a tendance à évoluer depuis quelques mois. En janvier dernier, nous rapportions la découverte d'un four pour céramiques, montrant la fonction principale de ce site. Déjà en 2009, la mise au jour de différents terrains de jeu de balle sur le site interrogeait les chercheurs.

La récente publication d'une note sur le site de l'INAH conforte ce questionnement plus qu'il ne le résout. Dans le cadre du projet dirigé par la Dr Nelly Robles, les archéologues Enrique García et Jaime Vera fouillent quelques temps l'édifice 6, situé sur la partie nord de la Place B. Ses dimensions atteignent 18,6 m de long pour 24,5 m de profondeur et 6,6 m de haut. Il est adossé à un autre édifice appelé Maison des Autels, très probablement, un résidence réservé à l'élite du site.

C'est en avril dernier que les chercheurs ont détecté la présence de trois chambres funéraires disposés verticalement, l'une sur l'autre. La surprise est que ces tombes sont situés au-dessus du niveau du sol, patron jamais observé jusqu'alors dans la région de Monte Alban.

La chambre 1 est située au centre de la structure tandis que les chambres 2 et 3 ont été construites quasiment au niveau de l'édifice, légèrement en deçà de la première sépulture. Elle mesure 2,5 m de large pour 1,8 m de haut au maximum et 4 m de profondeur. De grandes pierres plates forment un toit voûté reposant sur des murs en pierre et présentant quelques vestiges de stuc. Des niches sont visibles de chaque côté de la voûte.

La chambre 2 mesure 4 m de profondeur et son accès a seulement 1 m2 de surface. Le toit plat est formé de grandes pierres plates taillés. Des peintures murales ornent les parois : une cénèphe encadrée par deux lignes bleus reprend des motifs géométriques (I, disques jaunes tâchetés de trois points et à trois rayures, disques blancs). Leur signification n'est pas bien claire pour l'instant. Il pourrait toutefois s'agir de références au terrain de jeu de balle dont la forme en I est fréquemment utilisée. Les disques jaunes et tâchés de noir pourrait avoir un rapport. La dernière forme est plus problématique: s'agit-il d'un disque solaire comme le propose García ou d'une balle ? Les deux ne sont pas incompatibles. Il semblerait que différents glyphes ont été peints avant d'être rayés.

D'ailleurs ce signe de destruction et de mutilation n'est pas extraordinaire. Comme nous l'avons récemment vu à El Zotz, les peuples mésoaméricains avaient l'habitude de considérer les temples comme des être vivants. Différents tessons de céramiques semblent indiquer que cette structure a été rituellement détruites peu avant l'abandon de la cité, vers 850 à 900.

Pour le moment les tombes ont été datées entre IIIB-IV de Monte Albán, soit entre 650 et 850 de notre ère. Mais le mobilier funéraire et les matériaux découverts au moment de creuser un puits de sondage seront prochainement analysés par un laboratoire de l'université, une fois la convention signée entre l'INAH et cette institution. En effet les restes d'un individu jeune et d'un canidé ont pu être extraits. Des restes céramiques, un petit metate, un os de tortue, un fragment de coquillage et une carapace travaillés et une perle en jade feront également l'objet d'études plus poussées.

Afin de vous rendre mieux compte de la découverte, vous pouvez regarder cette vidéo disponible sur la chaîne INAHTV.

Un diaporama est également consultable sur le site de l'INAH. Le bulletin espagnol est en version intégrale au même endroit. Nous suivrons cette actualité avec intérêt puisque les fouilles systématiques de la chambre 3 viennent de démarrer et un orifice a déjà permis l'observation d'un toit voûté et de fragments de peinture murale.

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