Accéder au contenu principal

Du nouveau sur le sarcophage découvert à Tonina

Il suffisait d'être patient. L'INAH a officiellement publié une note sur son site. La presse mexicaine n'est pas en reste et on peut retrouver ici ou là quelques clichés de la découverte faite par l'équipe d'archéologues dirigée par Juan Yadeun Angulo.

L'archéologue Juan Yadeun Angulo devant l'entrée du sarcophage,Tonina.
Photo : INAH. Retrouvée le 28 janvier 2010 sur

Certains spécialistes de l'INAH n'hésitent pas à voir dans cette découverte un moyen d'expliquer la chute des royaumes mayas des Hautes Terres, étant donné que sa datation remonte à cette époque, entre 840 et 900 de notre ère. Un parallèle audacieux a également été fait avec la tombe de la Reine Rouge de Palenque au début des années 1990, étant donné ses dimensions et l'absence complète de données épigraphiques.

Vue extérieure du sarcophage depuis la plateforme 5, Tonina, Chiapas
Photo : Jesus Quintanar. Retrouvé le 29 janvier sur Milenio.

Yadeun Angulo a rapporté les mesures complètes de ce sarcophage : 2 mètres de long pour 70 centimètres de large. Une pierre de mêmes dimensions et de 15 centimètres de hauteur couvrait le sarcophage. Il a été découvert par accident dans une anomalie de la cinquième plateforme de l'Acropole de Tonina.

Mais le sarcophage a révélé plusieurs informations curieuses. D'abord il y a les restes d'un individu de haut rang, probablement une femme ou un enfant. Des études de médecine légale seront menées pour déterminer le sexe de cet individu et sa filiation ethnique.

Mais certains os ont été retrouvés hors du sarcophage. Cela sous-entend une altération postérieure de la tombe. C'est là qu'intervient une vaisselle en céramique globulaire et contenant des ossements bouillis et fragmentés. Elle est datée de la fin du XVème siècle. Yadeun émet l'hypothèse selon laquelle le site a été partiellement réoccupé par un cacique tzeltal : il aurait fait ouvrir différentes tombes et remplacé les objets originaux par de nouvelles offrandes.

 Olla de style Chib et ossements.
Sarcophage de la cinquième plateforme, Acropole, Tonina.
Epiclassique, Maya.
Photo : El Universal, retrouvée le 18 janvier 2010 sur

Néanmoins l'idée que cette découverte puisse expliquer à elle seule le déclin de la civilisation maya reste faible. L'hypothèse officielle serait qu'à l'époque du sarcophage, plusieurs tribus originaires du Haut Plateau Central  (peut-être de Tula, Hidalgo) auraient occupé par les armes plusieurs cités mayas.

Edition du 29 janvier 2010
L'INAH a mis une vidéo de la découverte de Tonina à disposition du public sur sa chaîne INAHTV.


Edition du 1er février 2010
Dans une note publié le 31 janvier sur son blog Maya News Update, l'épigraphiste Erik Boot parle d'une autre vidéo visible sur le site du magazine allemand Der Spiegel. On y voit quelques prises de vue de la fameuse pierre retrouvée en parallèle du sarcophage. Or il semblerait que la découverte de cette pierre n'ait pas été découverte en même temps. Boot explique que, grâce à un collègue, il avait pu s'en procurer un dessin en 2007 et que la pierre avait probablement découverte dès 2006. La question se pose alors de savoir pourquoi l'INAH n'a pas apporté cette précision ô combien importante dans son communiqué de presse : est-ce par sensationnalisme ? Par "oubli" ?

D'autre part, en ce qui concerne le sarcophage, les affirmations de Yadeun d'une incursion toltèque à Tonina ont provoqué des réactions très sceptiques tant de la part de mayistes, comme David Stuart de l'Université du Texas, que des spécialiste du Haut Plateau Central, comme Susan Gillespie.


Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Raíces 328 - El Proyecto Uacusecha con Marion Forest

En homenaje a la arqueológa América Vázquezfallecida en el sismo del 19 de septiembre, y al arqueólogo Rodolfo Neftalí Mercado.

Esta semana en Raíces recibimos a una gran promesa de la arqueología francesa en México. Marion Forest es miembro del Proyecto Uacusecha, nacido de la colaboración del Centre National de Recherche Scientifique de Francia, del CEMCA y del INAH. Este equipo binacional explora desde hace varios años el Malpaís michoacano.

Como cada semana, les presentamos este programa en el portal Archive en formato ogg.

Créditos musicales Banda La Michoacana,Silvia Sapichu - Michoacan, MéxicoLila Downs - Tirineni TsitsikiReferencias bibliográficas Lista de publicaciones del Proyecto Uacusecha.

Forest, M. (2016). Urbanismo y sociedad en Malpaís Prieto, norte de Michoacán. Reflexiones acerca de la estructura espacial de un sitio prototarasco (1250-1450 d.C.). En Roskamp y S. Albiez-Wieck (eds.), Nuevas contribuciones al estudio del antiguo Michoacán. [archivo pdf] recuperado de ht…

Sauvetages archéologiques dans la région de Majahua, Nayarit

La côte de l'actuel état de Nayarit ne se limite pas aux touristiques villes de Tepic ou de Puerto Vallarta. Les plages qui la forment ont été occupées depuis des dates reculées. Un projet de fouilles de sauvetage coordonné par José Rodolfo Cid Beziez, archéologue de la direction de sauvetage archéologique de l'INAH et Concepción Cruz Robles, archéologue du Centre INAH Nayarit.

Leur équipe a "râtissé" 300 hectares depuis 2015, situés sur la commune de Compostelle. Au total sept sites d'importances ont été enregistrés : El Arroz, Cerro Canalán, Playa Canalán, El Arenal, Majahua, El Arco et Camino a Majahua. Près de 98000 tessons de céramique appartenant à des cultures et des époques différentes (entre 500 et 1300 de notre ère) ont été récupérés, 426 gravures rupestres enregistrées (dont 112 rien qu'autour du volcan Majahua et d'autres parfois non conclues à Cerro Canalán) et 97 clochettes en métal retrouvées. 

Lorsqu'on regarde le bulletin de l'INAH,…

Raíces 351 - Les briques sculptées de Comalcalco avec Miriam Judith Gallegos

Cette semaine Raíces recevait l'archéologue Miriam Gallegos, chercheuse au Centre INAH Tabasco. Avec son aide, nous avons essayé de comprendre la fabrication et l'utilisation des briques sculptées ou gravées qui sont une quasi-exclusivité architecturale du site maya de Comalcalco, situé au Tabasco. Selon Gallegos, "ils faisaient parie des constructions, présents dans les murs, les voûtes et les lnteaux. Ils supportaient de véritables charges et fonctionnaient comme un matériel de construction, en plus d'être décorés". Dès lors, quelles pouvaient être les valeurs symboliques de ces briques ? Comment étaient-ils élaborés ? Dans quelles constructions pouvaient-ils être vus ou non vus ?

Esta semana en Raíces recibimos a la arqueóloga Miriam Judith Gallegos, adscrita al Centro INAH Tabasco. Con su apoyo, trataremos de entender la fabricación y el uso de los ladrillos esgrafíados o moldeados descubiertos en el sitio maya de Comalcalco, Tabasco. Según Gallegos, "f…