Accéder au contenu principal

Numérisation de Dzibilchaltun

Numériser est décidément bien dans l'air du temps à l'INAH. Après l'annonce récente du scanner complet de plusieurs structures à Teotihuacan, c'est désormais à l'ancienne de T'ho (actuellement Mérida, yucatanb) de passer en code binaire.



Deux archéologues de l'INAH, Diana Trejo Torres et Daniel Ayala Garza, dirigent actuellement une équipe pluridisciplinaire dont la mission sera la création de la première plate-forme virtuelle pour un site archéologique mexicain. Durant les quatre prochaines années, ils rassembleront toutes les informations disponibles afin d'alimenter la plate-forme : plans, dessins, photos, données archéologiques, catalogues.

Bien que situé très près de Mérida et facile d'accès, Dzibilchaltun n'est pas un site très connu et fréquenté par les touristes (tant mieux!). Alors pourquoi un tel projet? Diana Trejo Torres a expliqué à la presse que l'idée d'une telle plateforme était prévu originalement pour le Musée du Peuple Maya, situé sur le site.

Chaque pièce, chaque élément, chaque édifice découvert ou présent à Dzibilchaltun sera scrupuleusement détaillé sur la plate-forme et visible en trois dimensions afin d'apprécier la pièce. Un nouvel outil, le Système de Contrôle Digitalisé permettra à l'utilisateur de se promener à n'importe quel endroit du site, de changer d'angle, de perspective mais aussi de le visualiser à n'importe quelle époque. Cette dernière option sera intéressante pour les archéoastronomes.


Temple des Sept Poupées, Dzibilchaltun, Yucatan.
Photo disponible sur Wikipedia, article "Dzibilchaltun", le 19 janvier 2010.

Les premières traces d'occupation de Dzibilchaltun remonte au Préclassique. Ensuite le site a été constamment occupé, y compris à l'arrivée des Espagnols, comme le montrent les ruines d'une chapelle. Mais c'est surtout au Classique moyen que la plupart des structures ont été construites, notamment un bain de vapeur (appelé temazcal chez les nahuas) et le Temple des Sept Poupées. Remodelé à plusieurs reprises, l'orientation astronomique actuelle est cependant frappante : on peut voir le soleil passer par la porte principale lors des équinoxes.

Il convient de saluer cette initiative très intéressante qui permettrait aux mésoaméricanistes, à long-terme, d'effectuer leur recherche sans devoir batailler avec l'administration et éviter des voyages répétés sur le site. Mais ce type d'initiative risque de trouver ses limites lorsqu'il s'agira de traiter les informations disponibles pour des sites bien documentés comme Teotihuacan, Monte Alban, Palenque, El Tajin ou Chichen. D'autre part Dzibilchaltun est un site peu étendu à la différence des susmentionnés.

Références bibliographiques :

Wyllys Andrews IV, E et E. Wyllys Andrews V. 1980. Excavations at Dzibilchaltun, Yucatan, Mexico. with an appendix on vertebrate faunal remains by Elizabeth S. Wing and David Steadman ; [Jennifer S.H. Brown, editor]. Middle American Research Institute, Tulane University, Tulane.


Ball, Joseph W. et E. Wyllys Andrews V. 1975. "The polychrome pottery of Dzibilchaltun, Yucatan, Mexico". Publication Middle American Research Institute, Tulane University, 31, p. 227-247.
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Curieuses découvertes au pied de la Pyramide de la Lune à Teotihuacan

Dans un bulletin publié hier sur le site de l'INAH, Verónica Ortega, sous-directrice de la zone archéologique de Teotihuacan, a annoncé une série de découvertes troublantes reprises dans différents médias mexicains comme la Jornada, Milenio ou El Universal. Cette partie du site est d’ailleurs le pré carré de la chercheuse mexicaine, elle qui fut notamment en charge de la supervision du Palais de Quetzalpapalotl.



“La nature a horreur du vide”, disait Aristote. Force est de constater que le vide était abhorré dans la cosmovision mésoaméricaine. En plus de cent années d’exploration à Teotihuacan, la place située au pied de la Pyramide de la Lune n’a été sondée et fouillée superficiellement que dans les années 1960 ! La Structure A qui la ferme au nord est pourtant en train de révéler des secrets trop longtemps gardés. Mesurant 25 m de côté, cette structure continue de générer de nombreuses interprétations et de polémiques entre spécialiste. Elle est composée en surface d’une dizaine …

Découverte d'une deuxième structure sous la Pyramide du Castillo à Chichen Itza.

La pyramide du Castillo à Chichen Itza est probablement un des monuments mexicains les plus représentés et les plus publiés sur la toile. C'est une icône au-delà du simple qu'elle ait été reconnue comme faisant partie des 7 merveilles du monde moderne il y a quelques années. Le site yucatèque a récemment défrayé la chronique pour ces concerts somptueux inaccessibles pour le commun des mortels, la présence illégale de vendeurs dans la zone archéologique et des tarifs d'entrée prohibitifs dont le gouvernement décide de la hausse à sa guise, etc.

On en oublierait presque que Chichen Itza est une zone archéologique, c'est-à-dire, un lieu dédié à la recherche scientifique.



Cette fois-ci, avec un outil semblable conceptuellement parlant, une équipe mixte de recherches UNAM-INAH a entrepris une prospection électrique en trois dimensions de la Pyramide du Castillo. L'archéologue Denisse Argote Espino est devenue une spécialiste en la matière, apportant sa technique innovante…

Carbone 14 - L'Amérique latine pillée !

Dans son programme du 5 novembre 2016, Vincent Charpentier recevait André Delpuech, responsable des collections précolombiennes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour discuter du pillage et des ventes des objets précolombiens.Voici peu, les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (Ocbc) procédaient à des saisies conservatoires de pièces archéologiques sud-américaines, mises aux enchères dans de grandes salles des ventes. Ainsi, désormais, le Mexique, le Guatemala l'Equateur ou le Pérou interviennent au nom de la sauvegarde de leur patrimoine. L'Amérique latine est l'objet d'un très intense pillage de son patrimoine précolombien. A la base, sont les huaqueros, les pilleurs de tombes...Qu'en est-il de la circulation de ces collections archéologiques provenant des Amériques, du pillage de sites, du trafic illicite, de la traçabilité des objets ? De ce patrimoine mis aux enchères, parfois acquis par les musées, que penser des fa…