Accéder au contenu principal

Palenque, une nécropole royale

Palenque palace in MexicoImage via Wikipedia
Décédée il y a deux mois, que penserait Merle Greene Robertson en voyant l'évolution rapide de ce qui fut son dernier projet suspendu il y a une dizaine d'années à Palenque ? Comment aurait-elle accepté les avancées capitales présentées par les médias mexicains sur le Temple XX de la grande cité maya, révélée aux yeux du monde en 1952 avec la découverte du sarcophage de K'inich Janaab Pakal par l'équipe d'Alberto Ruz Lhuillier.


L'INAH a publié hier sur son site une série d'informations et de photographies qui rendent compte de fouilles qui ont lieu actuellement au Temple XX, alors qu'il s'agissait originellement de le restaurer (voir cette note du 30 janvier 2011). Greene Robertson n'est en tout cas pas mentionnée une fois dans ce bulletin publié le 23 juin 2011. Quel manque de reconnaissance et de tact de la part de l'INAH ! David Stuart, enseignant-chercheur à l'University of Texas at Austin et éminent mayiste, a judicieusement rappelé sur son blog que les premières photos du Temple XX furent l'oeuvre de Merle Greene Robertson.

Alors de quoi se réjouit-on tant au point de faire les gros titres des journaux télévisés mexicains, d'habitude plus amènes à évoquer l'ingouvernabilité de ce pays et les massacres perpétrés par les trafiquants de drogue, ou à s'extasier devant les résultats de l'équipe nationale de football ? Pas grand-chose en fait. En fait, il s'agit des premières images de l'intérieur de la tombe. On sait en effet que l'existence de cette tombe depuis longtemps (relisez la note du 30 janvier dernier pour vous en rendre compte).

Pour accéder à la crypte où ne repose aucun sarcophage (ce qu'on savait déjà en 2003), il faut rejoindre la plateforme située en haut de la pyramide à 19 mètres de hauteurs. Là on descend dans un puits de trois mètres de profondeur.

 e
 Plateforme du Temple XX, Palenque.
Classique, Maya.
Photo Mauricio Marat/INAH, disponible le 24/06/2011 sur

Au cours de la descente, on peut observer les différentes phases de reconstruction et d'agrandissement de l'édifice. C'est dans une cavité de 15 cm sur 15 cm que les archéologues ont introduit une camérique endoscopique, suffisamment petite, légère et éclairée pour nous donner une vision de ce qu'est la chambre funéraire.


Orifice d'accès à la crypte funéraire du Temple XX, Palenque.
Classique moyen, Maya.
Photo Mauricio Marat-INAH, disponible le 24/06/2011 sur : 

Coordinatrice du projet, l'archéologue Martha Cuevas est revenu pour la presse sur les différents éléments visibles sur les clichés. Elle a notamment souligné la présence de peintures murales de couleur noire sur fond rouge. En cela, la crypte se distingue de la Tombe de la Reine Rouge, dont les parois étaient seulement couvertes de stuc peint en rouge.


Peintures murales rouges, crypte du Temple XX, Palenque.
Classique moyen, Maya.
Photo INAH, disponible le 24/06/2011 sur :

En effet, si vous observez les deux clichés suivants, on se rend compte de la présence d'éléments géométriques et de neuf personnages.


Peinture murale, crypte du Temple XX, Palenque.
Classique moyen, Maya.
Disponible le 24/06/2011 sur : 


Eléments géométriques, peinture murale, crypte du Temple XX, Palenque.
Classique moyen, Maya.
Photo INAH disponible le 24/06/2011 sur : 

Sur le sol de la crypte reposent onze céramiques avec ce qui semblent des restes d'offrandes, accompagnées de pièces de jadéite et de coquillages.


Céramiques, piècees de jade et coquillages.
Crypte du Temple XX, Palenque, Classique moyen, Maya.
Photo  INAH, disponible le 24/06/2011 sur : 

Comme vous l'aurez compris, rien d'extraordinaire dans ce qui est présenté comme la découverte archéologique de l'année par les médias mexicains (et part les autorités de l'INAH également). Le plus important reste à découvrir et à analyser. En attendant, vous pouvez regarder ce reportage proposé dans le journal télévisé le plus au Mexique.


[Mis à jour le 21/07/2011]
Enhanced by Zemanta
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Raíces 328 - El Proyecto Uacusecha con Marion Forest

En homenaje a la arqueológa América Vázquezfallecida en el sismo del 19 de septiembre, y al arqueólogo Rodolfo Neftalí Mercado.

Esta semana en Raíces recibimos a una gran promesa de la arqueología francesa en México. Marion Forest es miembro del Proyecto Uacusecha, nacido de la colaboración del Centre National de Recherche Scientifique de Francia, del CEMCA y del INAH. Este equipo binacional explora desde hace varios años el Malpaís michoacano.

Como cada semana, les presentamos este programa en el portal Archive en formato ogg.

Créditos musicales Banda La Michoacana,Silvia Sapichu - Michoacan, MéxicoLila Downs - Tirineni TsitsikiReferencias bibliográficas Lista de publicaciones del Proyecto Uacusecha.

Forest, M. (2016). Urbanismo y sociedad en Malpaís Prieto, norte de Michoacán. Reflexiones acerca de la estructura espacial de un sitio prototarasco (1250-1450 d.C.). En Roskamp y S. Albiez-Wieck (eds.), Nuevas contribuciones al estudio del antiguo Michoacán. [archivo pdf] recuperado de ht…

Compte-rendu Arqueología mexicana 142

Arqueología mexicana nous propose une réflexion très complète et bien ficelée dans son numéro de novembre-décembre. A première vue, parler de législation pourrait paraître peu lié à ce qui constitue la raison même de la revue co-éditée par l’INAH et l’éditeur Raíces. Cependant il s’agit d’un thème qui nous plonge au coeur du mode de vie des peuples préhispaniques et l’adaptation de ces systèmes à celui importé du royaume de Castille et León.




Le dossier thématique contient huit articles. Dans le premier, rédigé par Carlos Brokmann, il est question de la diversité des systèmes juridiques dans l’ancien Mexique. Un point commun est qu’il s’agit de systèmes de lois reposant sur la tradition orale, répondant à une punition correspondant à chaque acte s’éloignant de la coutume ou de la conduite enfreinte. Si la majorité des documents font surtout référence aux lois et au système juridiques des Mexicas, il serait inapproprié que tous avaient la même organisation ou les mêmes règles de vie soci…

Décès du mayiste Erik Boot

Le nom d'Erik Boot ne vous est probablement pas très familier. Anthropologue néerlandais, diplômé de l'Université de Leyden et épigraphiste très doué, Boot était notamment un chercheur indépendant et un carnetier passionné : il en rédigeait trois en anglais depuis plus d'une dizaine d'années.

Maya News Update, un carnet présentant différentes actualités sur les groupes mayas préhispaniques.Ancien Mesoamerica News Update, carnet d'informations sur les découvertes concernant les anciennes cultures du Mexique et d'Amérique centrale.Maya Glyph Blog, un dernier carnet contenant les différentes propositions épigraphiques de Boot.Ses derniers billets concernaient une exposition sur les Mayas que le gouvernement guatémaltèque avait envoyé aux Pays-Bas en début d'année.
Mais Erik Boot n'était pas qu'un simple carnetier. Il avait notamment publié une quarantaine d'articles et d'essais qu'on peut retrouver sur la page Academia.edu. Comme tout bon may…