Accéder au contenu principal

Redéfinition du rôle du Grand terrain de jeu de balle de Chichen Itza

Lors du XVII Coloquio Roman Piña Chan qui a eu lieu au MNA dans le cadre de la Feria del libro antropológico, l'archéologue yucatèque José Huchim Herrera a présenté les résultats de la longue restauration entreprises sur un des lieux les plus importants de Chichen Itza : le Grand Terrain de jeu de balle, enceinte la plus vaste de ce genre en Mésoamérique.


Grand Terrain de jeu de balle, Chichen Itza, Yucatan
Photo : B. Lobjois.

Les travaux ont essentiellement consisté en la réhabilitation d'un escalier serpentiforme et de cinq petites structures disposés au-dessus de chaque corps est et ouest du Grand Terrain de jeu de balle. En s'appuyant autant sur des études d'archéoastronomie que sur des représentations bi et tridemsionnelles de terrains de jeu de balle (cf. Taladoire, 2012), Huchim Herrera explique que le Terrain de jeu pouvait avoir également une fonction d'observatoire. Il a pour ce faire comparer une série de mesures et d'observations faites il y a 20 ans avec d'autres effectuées après la restauration de ces repères : il a pu rétablir que les repères situés au centre permettaient d'observer le soleil pendant les équinoxes alors que ceux situés au nord du terrain pouvaient avoir servi pour observer le solstice d'été.


Parapet sud-ouest, Grand Terrain de jeu de balle,
Chichen Itza, Yucatan.
Photo : Bertrand Lobjois

Pour comprendre de quoi retourne tout cette annonce, vous pouvez consulter le bulletin de l'INAH disponible en ligne.

Un court reportage est également proposé sur la chaîne INAHTV.



Références bibliographiques:

Taladoire, E. (2012). "Las representaciones bi y tri-dimensionales de juegos de pelota en Mesoamérica", in Arqueología Mexicana, vol. XIX, 117, p. 18-27. Mexico: Raíces.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...