vendredi 29 janvier 2016

Le Programme d'Archéologie Urbaine de l'INAH met la main sur le huey tlachtli

Quelques jours après l’annonce de la découverte de l’offrande 167 par le Projet Grand Temple, c’est au tour du Programme d’Archéologie Urbaine dirigé par Raul Barrera de communiquer une autre découverte de taille dans le centre de México. En septembre dernier, le PAU nous avait déjà surpris avec la mise au jour des vestiges du huey tzompantli et de plusieurs crânes qui le composaient.

La découverte remonte en fait à 2014 et eut lieu peu de temps après l’annonce de la fouille du Temple d’Ehecatl-Quetzalcoatl. On apprend cette fois que le PAU s’est attelé à la fouille du huey tlachtli, ou  Grand jeu de balle, un espace rituel de grande importance. La nouvelle a été publié sur les sites de Sinembargo.mx, de l’hebdomadaire Proceso du quotidien El Universal. A la différence de l’offrande 167, l’INAH s’est même fendu d’un bulletin sur sont site.

Vue générale sur la platefome du Tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programa de Arqueología Urbana / INAH.
En ligne 
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto1.jpg

Pour être plus précis, les travaux de sauvetage ont permis de dégager le côté du terrain de jeu de balle, situé à 6,45 m au sud du Temple d’Ehecatl, dans l’alignement du Grand Temple. Les archéologues ont détecté trois phases de construction, toutes datées entre 1481 et 1521. La mieux conservée correspond à la Phase VI du Grand Temple. Sur son côté nord, le tlachtli compte deux escaliers superposés de quatre marches. Sur le côté sud, trois murs superposés et stuqués ont été levés pour former un talus qui atteint 1,95 m de hauteur. Au final, la plateforme dégagé mesure 9 m de long.

Sous le dallage de l’escalier nord du terrain, les archéologues Fernando Orduña Gómez et Lorena Vázquez Vallín ont retrouvés différents groupes de vertèbres cervicales déposées en position anatomique à 1,6 m de profondeur dans un espace relativement réduit à 45 cm de diamètre.

Restes de vertèbres cervicales, tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programma de Arqueología Urbana/INAH.
Disponible en línea le 28/01/2016
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto5.jpg . 

D’autres matériels font aussi clairement référence au sacrifice : il s’agit de lamelles et d’épines de maguey. Selon les examens préliminaires effectués par l’anthropologue forensique María García Velasco, les cervicales appartiennent à au moins 31 individus différents, de sexes et d’âges différents. Sur 18 d’entre eux a été enregistré la présence de la seconde vertèbre cervical. Le détail peut paraître morbide, il n’en reste pas moins crucial pour comprendre les techniques de désarticulation du crâne.

Restes de vertèbres cervicales, tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programma de Arqueología Urbana/INAH.
Disponible en línea le 28/01/2016 : 
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto2.jpg
Il semblerait donc que la réalité archéologique rejoigne une fois de plus ce qui était rapporté par les chroniques : le terrain de jeu de balle était le théâtre de sacrifices humains par décapitation, autant dans le but de fournir le sang nécessaire à la bonne marche de la machine céleste que de répéter certains épisodes mythologiques.
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