Accéder au contenu principal

Le Programme d'Archéologie Urbaine de l'INAH met la main sur le huey tlachtli

Quelques jours après l’annonce de la découverte de l’offrande 167 par le Projet Grand Temple, c’est au tour du Programme d’Archéologie Urbaine dirigé par Raul Barrera de communiquer une autre découverte de taille dans le centre de México. En septembre dernier, le PAU nous avait déjà surpris avec la mise au jour des vestiges du huey tzompantli et de plusieurs crânes qui le composaient.

La découverte remonte en fait à 2014 et eut lieu peu de temps après l’annonce de la fouille du Temple d’Ehecatl-Quetzalcoatl. On apprend cette fois que le PAU s’est attelé à la fouille du huey tlachtli, ou  Grand jeu de balle, un espace rituel de grande importance. La nouvelle a été publié sur les sites de Sinembargo.mx, de l’hebdomadaire Proceso du quotidien El Universal. A la différence de l’offrande 167, l’INAH s’est même fendu d’un bulletin sur sont site.

Vue générale sur la platefome du Tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programa de Arqueología Urbana / INAH.
En ligne 
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto1.jpg

Pour être plus précis, les travaux de sauvetage ont permis de dégager le côté du terrain de jeu de balle, situé à 6,45 m au sud du Temple d’Ehecatl, dans l’alignement du Grand Temple. Les archéologues ont détecté trois phases de construction, toutes datées entre 1481 et 1521. La mieux conservée correspond à la Phase VI du Grand Temple. Sur son côté nord, le tlachtli compte deux escaliers superposés de quatre marches. Sur le côté sud, trois murs superposés et stuqués ont été levés pour former un talus qui atteint 1,95 m de hauteur. Au final, la plateforme dégagé mesure 9 m de long.

Sous le dallage de l’escalier nord du terrain, les archéologues Fernando Orduña Gómez et Lorena Vázquez Vallín ont retrouvés différents groupes de vertèbres cervicales déposées en position anatomique à 1,6 m de profondeur dans un espace relativement réduit à 45 cm de diamètre.

Restes de vertèbres cervicales, tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programma de Arqueología Urbana/INAH.
Disponible en línea le 28/01/2016
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto5.jpg . 

D’autres matériels font aussi clairement référence au sacrifice : il s’agit de lamelles et d’épines de maguey. Selon les examens préliminaires effectués par l’anthropologue forensique María García Velasco, les cervicales appartiennent à au moins 31 individus différents, de sexes et d’âges différents. Sur 18 d’entre eux a été enregistré la présence de la seconde vertèbre cervical. Le détail peut paraître morbide, il n’en reste pas moins crucial pour comprendre les techniques de désarticulation du crâne.

Restes de vertèbres cervicales, tlachtli, Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo : Programma de Arqueología Urbana/INAH.
Disponible en línea le 28/01/2016 : 
http://inah.gob.mx/images/boletines/2016_023/demo/img/foto2.jpg
Il semblerait donc que la réalité archéologique rejoigne une fois de plus ce qui était rapporté par les chroniques : le terrain de jeu de balle était le théâtre de sacrifices humains par décapitation, autant dans le but de fournir le sang nécessaire à la bonne marche de la machine céleste que de répéter certains épisodes mythologiques.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...