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Exposition Teotihuacan, la ciudad de los dioses (3ème partie)

Chose promise, chose due. Voici donc quelques clichés des pièces les plus intéressantes de cette exposition… Ne vous étonnez pas de ne trouvez que peu d’information complémentaire (voir même aucune). Je jette la faute aux commissaires.

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Commençons avec le jaguar mis à jour il y a quelques années dans le Complexe de Xalla. Il présente la particularité d’avoir des pattes antérieures surprenantes. Celle de droite est simplement sculptée, celle de gauche est sculptée et peinte.


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Voici un exemple parfait de la scénographie proposée par les commissaires de l’exposition. On peut admirer cette reconstitution de la cour du palais de Quetzalpapalotl, réalisée en planches de bois sculptées. Au centre, on peut voir une statue du vieux dieu du feu, alias le Huehueteotl cher aux Aztèques. A l’arrière-plan, on peut apercevoir la grande plaque représentant les crocs typiques de la divinité qui sera Tlaloc à l’époque aztèque.


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Une petite salle est consacrée aux différentes maquettes de temples et d’autels que les anciens habitants de Teotihuacan aimaient représenter. Ici on peut voir que l’architecture traditionnelle du talud-tablero est présente. La partie basse, appelée talud, est relativement étroite. Elle est couverte d’une fine couche de stuc peint. La partie supérieure ou tablero est sculptée de plumes sur chaque frise entourant le panneau central d’où se dégagent des motifs d’eau ondulante qui rappelle la peinture des animaux mythologiques de Zacuala.


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Un des aspects de l’exposition est de mettre en avant la vie quotidienne des Teotihuacains, quelque soit leur origine ethnique, notamment au moyen de ces petites céramiques représentant des nourrissons dans leur berceau ou des mères allaitant.


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La pyramide de la Lune a révélé pleinement ses secrets au cours de ces dernières années. Les fouilles dirigées par Saburo Sugiyama ont permis de découvrir des caches funéraires nombreuses et souvent copieusement fournies. L’offrande 5, en plus de comprendre des offrandes d’animaux, contenait les restes d’un homme probablement enterré vivant. Au centre de l’offrande, cette statuette de pierre et de corail garde une identité énigmatique.


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Retenons aussi cette merveilleuse petite sculpture d’un serpent enroulé sur lui-même. Sa composition n’est pas sans rappeler certaines représentations du serpent à plumes mille ans plus tard chez les Aztèques. Troublant de ressemblance…


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D’autres pièces de l’exposition nous amène à considérer la continuité historique, culturelle et plastique entre Teotihuacan et Tenochtitlan. Bien que spatialement proches (40 kilomètres), ces deux sont passablement éloignées dans le temps : 500 ans séparent la chute de Teotihuacan et la fondation de la cité lacustre des Mexicas. Ce visage humain sortant d’un bec d’aigle rappelle les statues des chevaliers-aigles découvertes au Templo Mayor.


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Comme mentionné un peu plus haut, ce qui frappe à Teotihuacan, c’est le métissage ethnique qui y régnait. La ville était découpée en quartiers : cela nous enseigne combien elle était en contact avec d’autres peuples importants de la Mésamérique comme les Mayas ou les Zapotèques. Cette céramique tripode est typiquement teotihuacaine par sa forme. En revanche, sa décoration mouvante et fouillée en incise témoigne de la présence maya.


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Enfin, je ne résiste pas à vous montrer cette sculpture conservée au Museo Diego Rivera Anahuacalli. Ce serpent à plumes fait partie d’une paire qui était probablement utilisée comme élément architectural. Mais le problème de son origine (douteuse si on se souvient que Rivera avait autant de faux que d’originaux) laisse le curieux que je suis sur sa faim.
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