Accéder au contenu principal

Transfert du monolithe de Tlaltecuhtli

A travers deux articles très complets, le quotidien La Jornada rapporte sur sa version en ligne les préparatifs et le transport du fameux monolithe découvert le 3 octobre 2006 vers le Museo del Templo Mayor. Souvenez-vous : la pierre de Tlaltecuhtli ressemble à ceci.

Monolithe de Tlaltecuhtli, andésite, mexica.
Postclassique, Museo del Templo Mayor.
Photo La Jornada. Disponible le 18 mai 2010 sur : http://www.jornada.unam.mx/2010/05/18/fotos/a04n1cul-1.jpg

Souvenez que le monolithe est le plus grand dans son genre, plus que la Pierre du Soleil ou que le monolithe de Coyolxauhqui, avec ses douze tonnes, ses 4,32 m de long pour 3 m de large.

C'est sous la supervision de Leonardo López Luján,responsable des fouilles aux Ajaracas qu'ont eu lieu les différentes opérations d'emballage, de levage et de transports des quatre gros fragments qui composent le monolithe. D'abord les blocs ont été enveloppés dans des feuilles de polyuréthane, enfermés entre des planches de contreplaqué, fixés avec ruban adhésif noir et placés dans des sacs en plastique noir.

Emballage d'un fragment du monolithe.
Photo : La Jornada/Mauricio Marat. Disponible le 18 mai 2010 sur :
http://www.jornada.unam.mx/2010/05/18/fotos/a04n1cul-3.jpg

Vers 6 heures du matin, la cabanne climatisée où la pièce avait été soigneusement nettoyée puis consolidée depuis 2006 a été prudemment démontée. Une seule grue a été nécessaire pour lever et déposer les blocs sur un camion équipé d'une plateforme.

Dépôt d'un des fragments sur une plateforme.
Photo : La Jornada/Mauricio Marat. Disponible le 18 mai 2010 sur :

Le parcours fut relativement court si on considère la carte suivante :

A 17h40, le camion transportant les pièces préalablement et patiemment fixées s'es mis en branle lentement. Au moment de faire marche arrière, la circulation a été complètement interrompu. Même les passants ont dû s'arrêter. Le camion a longé la rue Justo Sierra, avant de tourner à droite sur la rue d'El Carmen, puis sur la rue de la République du Guatemala.


Trajet du monolithe de Tlatecuhtli.


Un passant essayer de deviner le Monolithe sur la rue Justo Sierra
Photo Mauricio Marat/La Jornada. Disponible le 18 mai 2010 sur : http://www.jornada.unam.mx/2010/05/18/fotos/a05n1cul-3.jpg

Néanmoins le transfert du monolithe vers le musée se fera prochainement dans le sens. L'idée est d'inclure ce chef d'oeuvre de l'art mexica au début de l'exposition temporaire sur Moctezuma II. Cette exposition avait été proposée au public européen, à Londres l'hiver dernier. Cependant moins riche qu'en Angleterre, l'exposition de Mexico comptera sur une argument de poids qui risque de marquer durablement les visiteurs à partir de juin prochain, dans le cadre des événements programmés pour le bicentenaire de l'Indépendance mexicaine et le centenaire de la Révolution.

L'exposition terminée, le monolithe de Tlaltecuhtli retournera sur son lieu de découverte, où un musée lui sera entièrement consacré prochainement. Ce n'est pas la première fois qu'il avait été déplacé. Dans le cadre du projet de fouilles dirigé par Lopez Lujan, il avait fallu soulever et déplacer de quelques mètres le monolithe afin de poursuivre les fouilles et l'inventaire des innombrables offrandes qui avaient été déposées à cet endroit.

Toujours est-il qu'après plus de 12 heures d'efforts, les blocs ont été déposés et réassemblés dans le vestibule du Musée du Grand Temple... Une gageure quand on sait qu'à l'époque préhispanique, il a fallu entre 225 et 510 personnes pour déplacer un seul bloc de 13 tonnes depuis la vallée de Mexico jusqu'au centre de la lagune où se trouvait Tenochtitlan. Néanmoins ce type de déménagement spectaculaire reste très rare. On en compte une dizaine en à peine un siècle.

On notera pour l'heure le silence officiel de l'INAH. J'imagine qu'un communiqué de presse est en cours d'élaboration.

Pour retrouver les deux articles, cliquer sur les liens suivants:
  • Carlos PAUL. "Histórico traslado de una deidad mexica". In La Jornada, 18 mai 2010, p.5. Disponible sur : http://tinyurl.com/36m9dsn .
  • Ana Monica RODRIGUEZ. "Tlaltecuhtli ya ocupa el vestíbulo del Museo del Templo Mayor": In La Jornada, 18 mai 2010, p. 4. Disponible sur http://tinyurl.com/3a9hr8u .
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Carbone 14 - L'Amérique latine pillée !

Dans son programme du 5 novembre 2016, Vincent Charpentier recevait André Delpuech, responsable des collections précolombiennes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour discuter du pillage et des ventes des objets précolombiens.Voici peu, les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (Ocbc) procédaient à des saisies conservatoires de pièces archéologiques sud-américaines, mises aux enchères dans de grandes salles des ventes. Ainsi, désormais, le Mexique, le Guatemala l'Equateur ou le Pérou interviennent au nom de la sauvegarde de leur patrimoine. L'Amérique latine est l'objet d'un très intense pillage de son patrimoine précolombien. A la base, sont les huaqueros, les pilleurs de tombes...Qu'en est-il de la circulation de ces collections archéologiques provenant des Amériques, du pillage de sites, du trafic illicite, de la traçabilité des objets ? De ce patrimoine mis aux enchères, parfois acquis par les musées, que penser des fa…

Découverte d'une deuxième structure sous la Pyramide du Castillo à Chichen Itza.

La pyramide du Castillo à Chichen Itza est probablement un des monuments mexicains les plus représentés et les plus publiés sur la toile. C'est une icône au-delà du simple qu'elle ait été reconnue comme faisant partie des 7 merveilles du monde moderne il y a quelques années. Le site yucatèque a récemment défrayé la chronique pour ces concerts somptueux inaccessibles pour le commun des mortels, la présence illégale de vendeurs dans la zone archéologique et des tarifs d'entrée prohibitifs dont le gouvernement décide de la hausse à sa guise, etc.

On en oublierait presque que Chichen Itza est une zone archéologique, c'est-à-dire, un lieu dédié à la recherche scientifique.



Cette fois-ci, avec un outil semblable conceptuellement parlant, une équipe mixte de recherches UNAM-INAH a entrepris une prospection électrique en trois dimensions de la Pyramide du Castillo. L'archéologue Denisse Argote Espino est devenue une spécialiste en la matière, apportant sa technique innovante…

Fouilles de sauvetage à Zacatenco, Mexico

Sur son site internet, l'INAH fait état de fouilles de sauvetage au nord de Mexico, préalables à la construction de l'aqueduc Guadalupe, à quelques encâblures de la Basilique de Guadalupe.  Après six mois de travaux dirigés à Zacatenco par la jeune Estibaliz Aguayo Ortíz, les résultats sont tout simplement surprenants. 
On dispose de peu de contextes fouillés systématiquement dans la vallée de México et datés du Préclassique. Vaillant (1930) avait fouillé à Zacatenco dès 1928 et publié ses résultats deux ans plus tard. Une des références en la matière a été le travail effectué ensuite par Piña Chan (1958) à Tlatilco.  Puis il a fallu attendre des fouilles de Sanders et Parsons à la fin des années 1960 pour en savoir un peu plus sur Zacatenco.

Les découvertes de la Direction d'Archéologie de Sauvetage de l'INAH sont de deux types. Tout d'abord les restes de 145 individus ont jusqu'à présent retrouvés. Certains enterrements comptaient jusqu'à trois individus da…